Les députés ont approuvé, jeudi 21 mai 2026, un article visant à faciliter le développement du stockage d'eau pour les besoins de l'agriculture. Cette décision est fortement critiquée par la gauche, qui y voit un soutien à un modèle agricole intensif en eau, en dépit des mises en garde des experts.
Cet article, qui représente un enjeu majeur dans le projet de loi d'urgence agricole, a été voté après de nombreuses heures de débat. L'adoption de l'article 5 a eu lieu lors de la première lecture à l'Assemblée nationale, où il a suscité des réactions vives comme le rapportent nos confrères de La Nouvelle République.
Le projet de loi vise à encadrer la construction de différents types de stockages, tels que les bassines ou retenues collinaires, en instaurant des consultations publiques pour résoudre les conflits. Toutefois, les agriculteurs dénoncent la lenteur de ces procédures. L'article 5 supprime l'obligation de réunions publiques pour obtenir une autorisation environnementale, tout en renforçant les pouvoirs du préfet, qui pourra même ignorer une annulation judiciaire d'une autorisation de prélèvement, permettant ainsi la poursuite de l'activité sur deux ans maximum.
Réactions critiques sur la loi
La ministre de l'Agriculture, Annie Genevard, a défendu la nécessité de ces mesures, soulignant que seulement 7 % des terres en France sont irriguées. Elle a précisé que l'objectif est d'augmenter cette proportion pour permettre à davantage d'agriculteurs d'accéder à l'irrigation. Dans un discours de soutien à l'article, Timothée Houssin, membre du Rassemblement national, a évoqué les ténors des longs délais de construction des infrastructures, qui peuvent atteindre jusqu'à dix ans, dans un contexte de sécheresse croissante.
En revanche, Delphine Batho, députée écologiste des Deux-Sèvres, a vigoureusement critiqué cette approche, qualifiant cette initiative de « fuite en avant » face à une crise de l'eau aggravée par le changement climatique. Selon elle, les scientifiques recommandent plutôt un « changement des pratiques agricoles » que la simple augmentation du stockage. De son côté, Benoît Biteau, également écologiste, estime que la loi ne profitera qu'à quelques grands producteurs, permettant à ceux qui cultivent des céréales destinées à l'exportation d'accéder plus facilement aux réserves d'eau.
Ces débats soulèvent des questions cruciales sur l’avenir des ressources en eau en France et l’équilibre à trouver entre les besoins agricoles et la préservation de l'environnement.
Avec AFP







