Le petit voilier, ayant quitté la Turquie avec sept membres à son bord, dont un Belge, a été intercepté lundi dernier par les forces israéliennes. Après avoir été pris en charge par des médecins, le militant prévoit de rejoindre la prochaine mission.
Julien Cabral, 57 ans, expose les marques de violence sur son corps : un œil au beurre noir, une plaie à la tempe et des douleurs à l'omoplate. Ce citoyen belge d'Anvers faisait partie de la Flottille pour Gaza, dont l'objectif est de mettre fin au blocus imposé au territoire palestinien.
Ce groupe, constitué de militants d'Italie, de Malaisie, de Finlande, du Canada et d'Afrique du Sud, a été arrêté dans les eaux internationales, à plus de 500 km des côtes israéliennes. Lors de son arrivée à l’aéroport d’Istanbul, Julien se souvient : « Ils ont d’abord brouillé les communications, puis ont investi le navire en plein jour, fusil en main, tirant des balles en plastique pour s’amuser. Nous sommes le douzième navire à avoir été intercepté ».
« Nous avons été surpris, entourés de corvettes. Ils ont utilisé une violence inouïe en nous exigeant de lever les mains », ajoute-t-il. Des commandos de la marine israélienne sont intervenus de manière brutale.
Coup de poing sur la tempe
« En tant que second du bateau, je me suis fait frapper directement. Notre capitaine a subi le même sort », confie-t-il. Les militants ont été transférés de manière brutale sur un navire carcéral, les mains ligotées par des colliers en plastique. Julien raconte qu’ils ont entendu des militaires plaisanter en anglais : "let’s have some fun".
« Pendant trois jours, nous avons demandé à voir un médecin, mais la réponse était toujours plus tard. Un passager souffrant d'épilepsie s'est vu confisquer ses médicaments. Au total, sept personnes à bord ont subi 35 fractures », déplore Julien en montrant ses blessures.
Sur le bateau Sirius, la nourriture et l'eau étaient insuffisantes pour les 200 personnes présentes. « On devait tout réclamer », souligne-t-il.
Après leur débarquement, ils ont été entassés dans des fourgons, puis emprisonnés près d’Ashdod, où les insultes étaient monnaie courante. « Les menottes étaient trop serrées, nous étions pliés en deux pendant des heures. Les militaires nous frappaient et se moquaient de nous », raconte-t-il.
Jeudi matin, ils ont été conduits à l'aéroport de Ramon, près d'Eilat, où les humiliations ont continué.
Nous allons continuer
Julien prévoit de retourner en Belgique ce vendredi, après avoir enfin reçu un traitement médical. Déterminé à poursuivre son combat, il déclare : « Sûr et certain. Nous continuerons notre mission ».
Bilal Kitay, un militant turc, partage son expérience : « Cette interception a été bien plus violente que la précédente en avril. Chacun d'entre nous a été frappé, les femmes comme les hommes. Mais cela ne pèse pas. Les Palestiniens vivent cela tous les jours », soutient-il avec conviction.
« Ils accordent plus d'égard à leurs animaux qu'à nous. Pour eux, seuls ils sont des humains », renchérit Bilal, prêt à rejoindre la prochaine flottille.







