Après les annonces gouvernementales destinées à répondre aux conséquences de la guerre au Moyen-Orient, les avis sont partagés en Loir-et-Cher.
Le gouvernement a annoncé, le 21 mai, un ensemble d'aides totalisant plus de 710 millions d'euros pour atténuer l'impact économique conséquent de la guerre au Moyen-Orient sur la France. Parmi ces aides figurent des primes pour les employeurs et un bonus écologique pour les chauffeurs de taxi. Quelle est la réaction des acteurs locaux ?
Pierre Bouffart, président de l’Union Nationale des Taxis de Loir-et-Cher, exprime son opinion, notant que bien que ces mesures soient tardives, elles sont tout de même appréciées : « Il vaut mieux tard que jamais, mais… ». Un bonus écologique à hauteur de 5.500 euros pour l’acquisition d’un véhicule électrique doit entrer en vigueur cet automne. Cependant, il souligne que cela pourrait contribuer à la dégringolade de l'industrie automobile en France et en Europe, en poussant des chauffeurs vers des marques moins fiables avec des performances décevantes.
En tant que vice-président national de l'UNT et vice-président de la CMA41, Bouffart soulève la question du soutien réel pour les taxis, en préconisant une aide proportionnelle plutôt qu'un montant fixe : « C'est le véhicule et le chauffeur qui permettent de faire la différence. Si tous les taxis conduisent les mêmes voitures, quelle est la valeur ajoutée de notre métier ? » Il rappelle également l'importance d'une vision à long terme pour stabiliser leur secteur, mis à mal par des conventions récentes avec la CPAM et l'augmentation des coûts des carburants.
« La compétitivité va encore en prendre un coup »
Franck Bataille, président de la CPME 41, partage ses inquiétudes. Il déclare que la solidarité nationale ne peut reposer uniquement sur les entreprises. Selon lui, bien que le doublement de la prime carburant de 300 à 600 euros soit une mesure appréciable, elle ne doit pas peser davantage sur les employeurs, qui pourraient déjà se retrouver en difficulté financière. « C'est la compétitivité qui risque d'en souffrir, surtout dans des secteurs où les marges sont déjà très serrées », affirme-t-il.
Les enjeux sont donc cruciaux pour les professionnels de la route qui aspirent à une reconnaissance et une aide plus significative dans cette période de crise. Bouffart conclut son intervention en appelant à un dialogue constructif avec les autorités : « J’invite le préfet à organiser une table ronde sur notre situation critique. »







