Le vote sur le Brexit continue de provoquer des remous au sein du Parti travailliste britannique, suite aux propos de Wes Streeting, un ancien ministre de la Santé. Lors d'une récente conférence à Londres, il a plaidé pour une "relation spéciale" avec l'Union européenne, allant même jusqu'à affirmer que le Brexit était "une erreur catastrophique".
Dix ans après le référendum qui a profondément divisé le pays, la question des relations avec l'UE reste brûlante. L’essor de Reform UK, un parti anti-immigration dirigé par l'influent Nigel Farage, complique encore davantage la situation pour le Labour. À l'heure actuelle, le gouvernement de Keir Starmer, qui a pris ses fonctions en 2024, prône une certaine forme de rapprochement avec l'UE sans toutefois envisager un retour au marché unique ou à la liberté de circulation.
Le Parti travailliste se trouve dans une position fragile, ayant essuyé une défaite aux élections locales de mai. Streeting, que certains voient comme un rival de Starmer, a ravivé le débat sur le Brexit, faisant réagir vivement la classe politique. Le Daily Telegraph et le Daily Mail, deux publications influentes, dénoncent cette prise de position comme une trahison, tandis que Kemi Badenoch, leader de l’opposition conservatrice, estime que cela témoigne de l'absence de projet du Labour.
Les raisons derrière les déclarations de Streeting semblent en partie stratégiques, visant à discréditer Andy Burnham, un autre concurrent de Starmer, qui se décrit comme pro-européen. Ce dernier est en grande difficulté face à un électorat qui a largement soutenu le Brexit en 2016 et qui doit maintenant faire face à Reform UK dans son projet de retour au Parlement.
Lord David Frost, ancien secrétaire d'État britannique chargé du Brexit, a également réagi, soulignant que le Labour doit présenter une vision claire et réaliste vis-à-vis de l'UE. Il a critiqué la division au sein du parti, qui pourrait réduire ses chances aux prochaines élections.
En dépit des critiques, Burnham a défendu son approche, précisant qu'il ne va pas aborder la question du Brexit dans sa campagne, mettant en avant les lignes directrices établies par le parti sur ce sujet. De son côté, David Lammy, vice-Premier ministre et ministre de la Justice, a réaffirmé son soutien à Starmer, déclarant que ce dernier n'a pas l'intention de précipiter son départ.
À l’horizon, un sommet bilatéral entre le Royaume-Uni et l'UE est prévu pour cet été, après un précédent en mai 2025 qui a abouti à un partenariat stratégique renforcé, notamment en matière de défense et de sécurité. De plus, Londres se préparera à réintégrer le programme Erasmus dès 2027, soulignant ainsi une volonté d'améliorer les échanges académiques avec l'Europe.







