Dans une déclaration marquante, Jeff Landry, l'émissaire des États-Unis au Groenland, a insisté mercredi pour un renforcement de la présence militaire américaine sur ce territoire autonome danois. Lors d'une rencontre avec l'AFP, il a évoqué la nécessité d'une action proactive de la part des États-Unis pour sécuriser cette région stratégique.
«Il est temps pour les États-Unis de restaurer leur empreinte au Groenland», a déclaré Landry. «Le Groenland a besoin des États-Unis».
La visite de Landry, sa première depuis sa nomination en décembre 2025, n’a pas été officiellement sollicitée, provoquant des discussions sur la légitimité de sa présence sur l'île. Actuellement, les États-Unis ne maintiennent qu'une base, celle de Pituffik, alors qu'ils en avaient jusqu'à 17 pendant la Guerre froide. Selon Landry, la sécurité nationale nécessite une réévaluation de la présence militaire en réponse aux ambitions croissantes de la Chine et de la Russie, qui pourraient chercher à influencer le Groenland.
Ce territoire joue un rôle crucial dans les dynamiques géopolitiques, étant situé sur l'itinéraire le plus direct entre les États-Unis et la Russie. Les ressources inexploitées et les nouvelles routes maritimes issues du changement climatique sont des atouts que Washington souhaite exploiter. Des propositions circulent pour établir trois nouvelles bases dans le sud de l'île.
Un accord de défense datant de 1951, révisé en 2004, permet déjà aux États-Unis d'accroître leur présence militaire, sous réserve d'informer le Danemark et le Groenland. Alors que Trump avait un jour envisagé une acquisition du territoire, un groupe de travail américano-danois-groenlandais a été constitué pour gérer ces préoccupations.
Le Premier ministre groenlandais, Jens-Frederik Nielsen, a récemment fait part de sa vision d'une indépendance future. Toutefois, il a souligné que le Groenland aspirait à une autodétermination totale concernant son avenir, et que cela nécessitait des conversations ouvertes et respectueuses avec les États-Unis. Dans un échange constructif avec Landry, Nielsen a noté qu'il n'y avait «aucun indice» de changement dans les postulats américains.
Dans une interview accordée au quotidien groenlandais Sermitsiaq, Jeff Landry a encouragé une réflexion sur les possibilités d'indépendance. Malgré les recherches montrant une majorité de Groenlandais en faveur de ce mouvement, des défis économiques demeurent, rendant l'indépendance à court terme peu plausible. «Il y a des occasions incroyables pour permettre aux Groenlandais de s'émanciper davantage», a-t-il affirmé, mettant ainsi en lumière les tensions sous-jacentes dans la relation entre le Groenland, le Danemark et les États-Unis.







