Lundi dernier, lors du sommet franco-africain à Nairobi, Emmanuel Macron a interpellé son audience en déclarant : "This is a total lack of respect !". Cette phrase a engendré une vague de réactions amusées sur les réseaux sociaux, mais démontre également ses compétences en anglais, qui sont rapportées comme robustes par de nombreux spécialistes.
En effet, des experts estiment que le niveau de langue d'Emmanuel Macron se situe au niveau C1, indiquant une bonne maîtrise tant de la grammaire que du vocabulaire. Néanmoins, son accent français, qualifié de « mid-atlantic accent », ne le met pas au même niveau que certains de ses prédécesseurs.
Maurice de l'accent et compétences linguistiques
Selon une étude réalisée par l'American Center, sa performance linguistique a été appréciée lors d'une interview sur BBC, où les experts ont noté son vocabulaire imagé et précis. Paradoxalement, son accent français, même s’il est perçu comme un point faible, peut également être considéré comme un atout qui le rapproche de son public.
Les évaluations de sa performance sont corroborées par Adrien Jourdan, directeur de l'académie française I Speak Spoke Spoken, qui indique : "Il est compréhensible, mais il commet parfois des erreurs de prononciation, par exemple, en prononçant 'graves' comme 'grève'." Cela montre qu’il y a de la place pour un perfectionnement, malgré un niveau linguistique jugé très avancé.
Un panorama des autres dirigeants
Comparativement, Macron se distingue de figures comme Jacques Chirac ou François Hollande, connus pour leurs formulations peu inspirantes en anglais. D'autres politiciens européens ont également des expériences mitigées, à l'image de l’ancien Premier ministre espagnol, Mariano Rajoy, mis en avant par la presse pour ses difficultés en anglais.
« Aujourd'hui, il est rare de trouver un président européen ne maîtrisant pas l’anglais », observe Bruno Cautrès, chercheur au CNRS. Ce « renouvellement générationnel » a conduit à une nouvelle classe de dirigeants plus à l'aise avec la langue de Shakespeare. Ainsi, Pedro Sanchez d'Espagne et Giorgia Meloni d'Italie sont citées parmi les leaders qui réussissent à communiquer efficacement en anglais, malgré quelques erreurs.
Les dirigeants du nord de l'Europe, comme le Finlandais Alexander Stubb qui parle six langues, dominent en matière de compétences linguistiques. Mette Frederiksen, Premier ministre danois, a également été saluée pour sa maîtrise parfaite de l’anglais.
« Leurs accents pourraient presque faire douter qu’ils ne soient pas britanniques », conclut Bruno Cautrès, suggérant que cette évolution linguistique est le reflet d'un monde de plus en plus interconnecté.







