La trêve entre Washington et Téhéran vacille une nouvelle fois. Le président américain, Donald Trump, a adopté un ton ferme envers l'Iran, qui promet de répondre à toute agression, alors que le blocage persistant du détroit d'Ormuz continue d'affecter les marchés pétroliers et l'équilibre politique régional.
Dans une déclaration faite le 11 mai, Trump a affirmé que le cessez-le-feu actuel était "sous assistance respiratoire", critique d'une réponse iranienne jugée insuffisante au plan américain censé établir une paix durable. Le président iranien, Mohammad Bagher Ghalibaf, a rétorqué sur X, déclarant que l'Iran était prêt "à riposter et à donner une leçon" en cas d'agression, selon les sources rapportées par le Journal du Dimanche.
Malgré plus d'un mois de pourparlers, la diplomatie semble stagnante. Les deux parties, par l'intermédiaire de médiateurs pakistanais, échangent des propositions sans réelle avancée. Trump a balayé la dernière réponse iranienne, la qualifiant de "débarrassée" et évoquant une image sombre du cessez-le-feu. "C'est comme si un médecin disait : 'Monsieur, votre être cher a exactement 1% de chances de vivre.'"
Téhéran déterminé à défendre ses intérêts
Du côté iranien, la réponse a été rapide. Ghalibaf a exprimé que le pays est prêt pour une réponse à toute provocation. Pendant ce temps, Trump a suggéré de relancer une opération de protection des navires dans le détroit d'Ormuz, en réponse à la menace iranienne qui a bloqué ce passage clé depuis une offensive récente israélo-américaine.
Cette opération de protection, suspendue le 5 mai dernier, devait favoriser un climat de négociation. Cependant, une escalade a été rapportée, avec des frappes attribuées aux Émirats contre des installations pétrolières iraniennes, laissant présager des tensions croissantes.
Une crise énergétique à l'horizon
Esmaïl Baghaï, porte-parole de la diplomatie iranienne, a plaidé pour la reconnaissance des "droits légitimes de l'Iran", y compris la levée du blocus sur ses ports et la restitution des avoirs gelés depuis des années. Les discussions sur le nucléaire semblent également sur la table, avec des propositions d'un allègement simultané du blocus en échange de la réouverture progressive du détroit d'Ormuz.
Les conséquences économiques sont déjà visibles : les prix du pétrole continuent d'augmenter, avec le Brent dépassant les 105 dollars le baril. Amin Nasser, PDG d'Aramco, avertit que cette situation pourrait entraîner "le plus grand choc énergétique". Les perspectives d'un retour à la normale ne seraient envisageables qu'après des années de réajustement.
Une potentielle crise humanitaire
L'ONU s'inquiète également des répercussions humanitaires si le blocus se prolonge. Jorge Moreira da Silva, représentant de l'ONU, a déclaré qu'une "crise humanitaire majeure" pourrait survenir "dans quelques semaines" si aucune solution n'est trouvée. En effet, plusieurs secteurs, dont l'approvisionnement en engrais, sont également menacés par cette impasse.
Au Liban, les tensions persistent, malgré la trêve observée depuis le 17 avril, avec des frappes continues entre Israël et le Hezbollah. De nouvelles négociations de paix doivent se tenir à Washington, mais avec un climat si tendu, les résultats restent incertains.







