Thiago Avila et Saif Abu Keshek, interpellés lors d'une opération en mer, devront subir des interrogatoires menés par les services de sécurité israéliens en raison de suspicions d'affiliation à une organisation considérée comme terroriste.
Dimanche 3 mai, les deux militants de la flottille pour Gaza, arrêtés par les autorités israéliennes près des côtes grecques, ont été présentés devant un tribunal à Ashkelon. C’est l’ONG de défense des droits humains Adalah qui a transmis l’information à l’AFP. "L'État a sollicité une prolongation de leur détention de quatre jours", a noté Miriam Azem d'Adalah. La cour a finalement opté pour une extension de deux jours.
Jeudi dernier, l'armée israélienne avait intercepté plusieurs navires de la flottille avant de libérer 175 autres militants suite à des discussions avec les autorités grecques. En revanche, Avila et Abu Keshek ont été retenus et rapatriés en Israël. Les défenseurs des droits humains ont pu rencontrer les détenus dans la prison de Shikma, où ils ont relaté des conditions d'arrestation "d'une exceptionnelle violence".
Le ministère israélien des Affaires étrangères a désigné Saif Abu Keshek comme "l'un des dirigeants" de la Conférence palestinienne pour les Palestiniens à l'étranger (PCPA), qualifiée par les États-Unis et Israël d'associée au mouvement islamiste Hamas. Thiago Avila, quant à lui, "collabore avec la PCPA et fait l'objet d'accusations d'activités illégales".
L'Espagne s'insurge contre cette arrestation arbitraire
Les gouvernements du Brésil et de l'Espagne ont vivement critiqué les arrestations. Les autorités espagnoles ont contesté toute connexion entre leur citoyen et le Hamas. "Israël n'a fourni aucune preuve pour justifier cette accusation", a affirmé le ministre des Affaires étrangères, José Manuel Albares. Ce dernier a insisté sur le fait que même si des fondements étaient présents, "il existe des recours légaux qu'une démocratie et un État de droit peuvent envisager". Il a également qualifié d'"inacceptable" l'arrestation du citoyen espagnol dans des eaux internationales, "sans aucune base juridique".







