Durant ces sept années, Laëtitia a enduré des violences physiques et psychologiques, soumise à la terreur et à la douleur. S'exprimant sans masque, elle a dénoncé les abus répétés infligés par son compagnon, un directeur d'agence bancaire. Celui-ci sera jugé dans les Alpes-de-Haute-Provence pour ses actes graves en 2026, après avoir été accusé de proxénétisme aggravé et d'autres violences.
Des violences terrifiantes
Laëtitia décrit une spirale infernale de brutalité : "Au début, il me giflait, jusqu'à ce que je perde une dent. Ensuite, il est passé aux coups de ceinture, aux étranglements – parfois jusqu'à me faire perdre connaissance." Elle évoque également avoir été livrée à des étrangers, même pendant sa grossesse, se faisant violer à maintes reprises tout en étant inscrite sur des sites d'escorte.
Interrogée par Sept à Huit, Laëtitia a affirmé ne pas avoir été victime de soumission chimique, son compagnon considérant que cela compromettrait son contrôle sur elle. "Il voulait que je réalise ce qui m'arrivait," précise-t-elle.
Sortir de l'emprise
En janvier 2026, Laëtitia confiait à France Info que son mari la menaçait régulièrement de mort : "Il exerçait un contrôle total sur ma vie." Le tournant est survenu lorsqu'elle a décidé de confier son calvaire à une amie d'enfance sur Facebook, déclenchant l'intervention policière.
Physiquement marquée par ces années de soumission, elle lutte aujourd'hui contre des séquelles graves, affirmant : "Je suis incontinente et handicapée". Elle appelle à briser le silence, en espérant que son histoire incitera d'autres femmes à parler.
Pour elle, il est impératif que "la honte change de camp." Elle souhaite que le procès soit public pour que son expérience puisse toucher d'autres victimes. Elle déclare : "Si cela aide une femme à parler, alors mon témoignage aura de la valeur." Elle évoque l'impact du procès des viols de Mazan et des réflexions de Gisèle Pelicot pour conforter sa détermination à parler.
3919: le numéro de téléphone pour les femmes victimes de violences
Le "3919", "Violence Femmes Info", est un service national gratuit et anonyme pour les femmes en détresse. Il offre écoute, information et orientations vers des dispositifs d'aide.







