L’émission « Complément d’enquête » sur France 2 déterre un passé : Dominique de Villepin, envisagant une candidature pour la présidentielle de 2027, aurait reçu deux statuettes de Napoléon lors de son mandat au Quai d’Orsay. Il se défend avec vigueur.
Dominique de Villepin, en campagne pour l'élection présidentielle de 2027, a reçu deux statuettes valant des dizaines de milliers d'euros, comme l’indique l’émission Complément d’enquête, diffusée sur France 2.
C'est par l'intermédiaire de Robert Bourgi, influent lobbyiste, que ces cadeaux ont été offerts. L’une des statuettes aurait été reçue en 2002 de Blaise Compaoré, alors président du Burkina Faso, tandis que l’autre proviendrait de l’homme d’affaires italien Gian Angelo Perrucci. Les factures associées évoquent des montants de 75.000 et 50.000 euros pour ces objets d’art, comme le précise Complément d’enquête, qui sera diffusé le 30 avril.
Pas de connaissance de la provenance
Dominique de Villepin, dans l’émission, a déclaré que ces cadeaux étaient financés par Robert Bourgi. Il affirme qu’il n'aurait jamais accepté ces objets s’il avait eu vent de leur provenance, et reste disposé à les restituer. Son entourage a qualifié la situation de « écran de fumée », alimenté par des médias proches de l’ancien président Nicolas Sarkozy, un rival de longue date de Villepin.
« Personne n’est dupe des manœuvres d’un clan en difficulté judiciaire et politique », a ajouté cette source, insinuant que les révélations émergent alors que les accusations de financement libyen de la campagne présidentielle de Sarkozy en 2007 sont en pleine révision judiciaire.
Bourgi, pour sa part, a précisé dans Complément d’enquête que l'ancien président n'était pas lié à ces nouvelles accusations, tout en avouant son animosité contre Villepin, en raison de commentaires faits lors de l’incarcération de Sarkozy l'année dernière. Il a exprimé sa volonté de tout faire pour « l’empêcher d’aller à l’Élysée ».
Un récit romanesque
Robert Bourgi est déjà au cœur d'une autre affaire, celle des costumes de luxe offerts à François Fillon en 2017, qui avait miné sa campagne. Lorsque Bourgi a affirmé avoir fourni à Jacques Chirac et à Dominique de Villepin des valises de billets provenant d'Afrique entre 1997 et 2005, une enquête avait été ouverte, mais elle avait été classée sans suite en 2011.
Dominique de Villepin considère ce récit comme « parfaitement farfelu », le qualifiant de travail d'un « merveilleux conteur ».
Bien qu'il n'ait pas encore annoncé sa candidature officielle pour l’élection de l’an prochain, l'ancien Premier ministre ne cache pas ses ambitions politiques.
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