À l'approche des élections, la Colombie est à nouveau secouée par la violence. Un attentat à la bombe survenu le weekend dernier dans le département du Cauca a fait 20 morts et près de 40 blessés, marquant l'un des actes les plus tragiques à l'encontre de la population civile dans cette région depuis longtemps. La situation préoccupe vivement les électeurs, alors que le climat politique s'alourdit dans un pays déjà en proie à des conflits internes persistants.
Cette attaque est attribuée à l'État-major central (EMC), un groupe dissident des Farc qui n'a pas rejoint l'accord de paix de 2016, et qui a intensifié ses actions dans la région récemment. Des rapports de Le Monde soulignent une montée en flèche des violences dans le Cauca et le Valle del Cauca, des zones où l'influence des groupes armés est particulièrement forte. L'année dernière, ces régions avaient déjà connu une explosion de violence sans précédent.
À moins d'un mois du premier tour de l'élection présidentielle, prévu le 31 mai, cette attaque alimente les craintes relatives à la sécurité des candidats et du processus électoral. Gustavo Petro, l'actuel président de gauche, a déclaré que “la peur, orchestrée par des groupes terroristes, est utilisée comme un outil pour accéder au pouvoir.” Il a fermement condamné la violence et annoncé un renforcement des opérations militaires et policières pour contrer ces menaces.
Ivan Cepeda, la voix de la gauche en pleine ascension
Ivan Cepeda, le candidat de gauche qui mène actuellement dans les sondages, a exprimé sa préoccupation face aux actes de terrorisme qui se multiplient dans des régions où sa campagne bénéficie d'un soutien populaire fort. Sur les réseaux sociaux, il a mis en garde contre un possible climat de peur créé pour favoriser l'extrême droite. “Ces événements visent à déstabiliser notre démocratie,” a-t-il affirmé.
La situation reste tendue alors que Cepeda se bat pour consolider son avance dans les sondages, ayant atteint 44,3 % des intentions de vote, selon les dernières enquêtes. Face à lui, deux candidats de droite, Abelardo de la Espriella (21,5 %) et Paloma Valencia (19,8 %), tentent de se rapprocher.
Lors d'un meeting quelques heures après l'attentat, Valencia a exprimé sa volonté de nommer l'ancien président Alvaro Uribe comme ministre de la Défense, malgré ses liens controversés avec les violences passées du pays, comme l'indiquent plusieurs articles de France 24. La gauche accuse Uribe de manipulations visant à saper leurs chances lors des élections, alors que les tensions entre la droite et la gauche se amplifient.
Dans ce contexte, Ivan Cepeda s'engage à poursuivre sa campagne en centrant le débat autour de son programme progressiste, avec l’objectif ambitieux de remporter l'élection dès le premier tour, en dépassant la barre des 50 %.







