L'exode des expatriés d'Asie du Sud-Est face à la guerre en Iran

Des expatriés d'Asie du Sud-Est quittent le Moyen-Orient en raison des conflits croissants.
L'exode des expatriés d'Asie du Sud-Est face à la guerre en Iran

Alors que les tensions au Moyen-Orient s'intensifient, de nombreux expatriés d'Asie du Sud-Est choisissent de retourner chez eux. Ce choix n'est pas seulement motivé par la sécurité, mais aussi par des préoccupations économiques croissantes qui pourraient affecter leurs revenus.

Les répercussions de la guerre en Iran se font déjà ressentir sur les économies des pays d'Asie du Sud-Est. Fortement dépendants des ressources hydrocarbonées du Golfe, ces nations affrontent une inflation alarmante liée à des perturbations d'approvisionnement. De plus, l'intégrité du marché du travail se voit menacée par une potentiel diminution des transferts d'argent envoyés par ces travailleurs expatriés.

Les Philippines figurent parmi les pays les plus touchés, étant donnée leur position en tant que principal fournisseur de main-d'œuvre pour le Moyen-Orient. Le Ministère des Travailleurs Migrants philippin a rapporté qu'environ 1,1 million de Philippins vivaient là-bas en janvier dernier. Ces transferts représentaient 8 % du PIB en 2024, un chiffre qui pourrait rapidement diminuer avec la guerre en cours.

D'ailleurs, deux Philippins ont récemment été tragiquement tués en Israël, et plus de 4 200 ont déjà été rapatriés depuis le début des conflits. Malgré les dangers, la majorité des travailleurs philippins et d'autres nationalités d'Asie du Sud-Est restent sur place, comme l'indique Nikkei Asia.

L'Indonésie, quant à elle, a rapatrié 2 300 de ses 32 000 ressortissants enregistrés. Selon les journaux locaux, un grand nombre des Indonésiens qui se trouvent dans les États du Golfe ne disposent pas de papiers.

Salaires attractifs malgré les dangers

Norma Tactacon, une travailleuse domestique philippine, partage avec BBC ses raisons de demeurer au Qatar malgré le climat alarmant : son engagement à payer les études de ses enfants aux Philippines. "Les travailleurs domestiques philippins perçoivent un salaire minimum de 500 dollars par mois, ce qui est de quatre à cinq fois supérieur à ce qu'ils pourraient gagner chez eux", explique-t-elle.

Ryszard Cholewinski, un expert des migrations de l'Organisation Internationale du Travail (OIT), déclare dans Nikkei Asia : "Les travailleurs migrants font souvent face à ces conditions par nécessité économique, car ils doivent envoyer de l'argent pour subvenir aux besoins de leurs familles restées au pays." Dans ce contexte, Toru Nishihama, économiste à l'Institut de recherche Dai-ichi Life, avertit : "Si les transferts financiers diminuent, cela pourrait réduire le pouvoir d'achat des ménages et affecter la consommation, moteur important de croissance économique dans des pays comme les Philippines."

Nouvelles options à l'horizon

Face aux dangers croissants, le ministre thaïlandais de l'Emploi a décidé de suspendre l'envoi de travailleurs au Moyen-Orient, selon The Nation. Simultanément, le gouvernement philippin explore d'autres destinations potentielles pour sa main-d'œuvre. Hans Leo Cacdac, ministre des Travailleurs migrants, envisage de créer plus de 200 000 emplois dans des régions comme l'Asie, l'Afrique, l'Europe ou même les Amériques, rapporte Sun Star.

Pour garantir la sécurité, des considérations telles que la langue, la culture et la distance seront prises en compte, indique Jeremaiah Opiniano, directeur exécutif de l’Institut pour la migration et les enjeux de développement. "Nous devrions envisager la volonté des Philippins d'explorer des marchés moins traditionnels, comme l'Asie centrale ou l'Amérique latine", suggère-t-il.

Enfin, pour les travailleurs qui ont décidé de quitter le Moyen-Orient en raison des conflits, le retour peut être difficile. Merlyn Villas-De Lara, aide-ménagère ayant travaillé au Qatar, évoque l'angoisse liée à son retour. "Cette guerre a clairement impacté nos revenus. Bien que nous soyons disposés à reprendre le travail, la peur et le traumatisme menacent de nous en empêcher", confie-t-elle à Nikkei Asia.

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