Le gouvernement italien, sous la direction de Giorgia Meloni, annonce une initiative audacieuse visant à lutter contre l'immigration illégale. Ce nouveau projet de loi propose d'octroyer des primes aux avocats qui réussiront à convaincre des migrants de retourner volontairement dans leur pays d'origine.
Cette mesure, inscrite dans le cadre d'une loi sur la sécurité, a déjà été votée par le Sénat et se prépare à être discutée à la Chambre des députés. Le dispositif prévoit une rémunération pour les avocats accompagnant les migrants dans une procédure de retour, mais uniquement si la démarche aboutit réellement. La presse italienne estime la prime à environ 615 euros par dossier, bien que le montant exact ne soit pas encore précisé dans le texte légal.
Le gouvernement a alloué un budget initial de 246 000 euros pour 2026, qui devrait presque doubler pour les années suivantes. Par ailleurs, le projet inclut des restrictions concernant l'accès à l'aide juridictionnelle financée par l'État pour contester les décisions d'expulsion, ce qui pourrait compliquer la situation pour les concernés.
Une opposition massive du monde juridique
Cette initiative a provoqué des réactions vives au sein des professions juridiques. Le Conseil national des barreaux italiens a exprimé son désaccord, rappelant qu'il n'a pas été consulté et demandant l'abrogation de cette mesure, qui pourrait compromettre l'intégrité et l'indépendance des avocats.
L'Union des chambres pénales italiennes (UCPI) s'est jointe à la critique, qualifiant cette mesure d'inconstitutionnelle, soulignant que les avocats doivent œuvrer exclusivement pour l'intérêt de leurs clients, sans influence financière sur le résultat des affaires. En outre, l'Association nationale des magistrats a fait part de ses préoccupations, avertissant que cette rémunération basée sur le succès pourrait affaiblir la protection juridique des migrants.
Malgré ces critiques, Giorgia Meloni continue de suivre une politique résolument contraire à l'immigration illégale. En février, son gouvernement a approuvé des projets de blocus naval pour restreindre l'arrivée de migrants par mer en période de forte pression migratoire. En effet, l'un des principaux objectifs des autorités italiennes, à l'instar de celles de la France, est d'accélérer les expulsions.
En 2025, sur un total de 21 295 ordres d'expulsion, seulement 4 780 ont été exécutés, soit un peu plus de 22%. Cette situation souligne les défis auxquels le gouvernement est confronté dans l'application de sa politique migratoire.







