Anglicisation, appauvrissement du vocabulaire ou tics de langage : le français se nourrit de son époque, en espérant préserver sa richesse historique.
François Henrion, de Déols (Indre) : « S'il était pertinent d'ajouter quelques réflexions à ce Dialogue du 16 janvier, il est essentiel de faire une distinction entre la langue écrite et la langue parlée. La première, en effet, semble bien plus inondée par les anglicismes et autres faux anglicismes tels que " baby-foot " ou " relooking ".
« De nombreux mots anglais apparaissent maintenant sans italique ni guillemets, et restent souvent non traduits, ce qui implique que tout un chacun est sensé comprendre leur signification. Des initiatives en France adoptent des appellations anglaises, par exemple avec des termes comme " Food quelque chose " ou " Life quelque chose ". C'est un phénomène révélateur de la domination de l'anglais dans des domaines variés.
« Des associations françaises se croient obligées d’adopter un nom anglais »
« Les instances étatiques ne sont pas en reste. Par exemple, le pôle national dédié aux crimes non résolus, mis en place en mars 2022 dans le tribunal judiciaire de Nanterre, est aujourd'hui couramment désigné sous l'appellation " Pôle cold cases ". De même, la SNCF projette de lancer des wagons appelés " No-kid "…
« La langue orale est moins affectée par l'écriture inclusive, mais elle souffre d'un manque de clarté et d'élégance accentué par des expressions à la mode telles que " en fait " ou " du coup ". De plus, l'utilisation fréquente de certains mots jadis considérés comme vulgaires laisse perplexe, surtout en ce qui concerne leur usage par nos enfants…
« Quant à l'expression " écoutez " qui se raréfie en début de phrase en réponse à un journaliste, elle est souvent remplacée par l'adverbe " effectivement ". Ce dernier s'invite plusieurs fois dans des phrases courtes, quel que soit l'intervenant, et, à ce stade, devient d'une certaine façon irritant !
« La tournure classique " voilà " demeure présente sans raison apparente, oscillant entre ponctuation inutile et manque d'inspiration. En somme, nous pourrions nous demander si demain, nous ne devrons pas ajouter à notre vocabulaire des mots comme " il ne faut pas essentialiser " ?
« Routes nues »
François Monnier, de Blois (Loir-et-Cher) : « Naked roads : ce terme anglo-saxon, qui nous vient du nord de l'Europe, se traduit simplement par " Routes nues ". Cette idée, qui a été appropriée par certains candidats aux municipales, vise à dépouiller nos routes de tout panneau de signalisation (y compris marquage au sol). Fini les feux tricolores, les panneaux stop, et bonjour aux embouteillages et à une circulation chaotique.
« Cette proposition a été mise en avant par le candidat Louis Sarkozy à Menton, qui souhaite ainsi interroger les normes du code de la route ».







