Un tournant dans les mentalités. La crémation gagne en popularité en France, au détriment de l'inhumation. Ce sujet sensible soulève de nombreuses interrogations. Notre Temps vous propose un tour d'horizon des questions essentielles liées à la crémation.
Un choix croissant chez les Français
La loi de 1887 donne la possibilité aux adultes de choisir entre l'inhumation et la crémation. Cependant, l'engouement pour cette dernière a véritablement pris son envol à la fin du XXe siècle. En 1980, seulement 1 % des obsèques se soldaient par une crémation; aujourd'hui, ce chiffre atteint plus de 42 %, et dépasse même 60 % dans les grandes agglomérations, comme l'indique Frédérique Plaisant, présidente de la Fédération Française de Crémation. Ce choix se justifie par des raisons économiques et écologiques, entraînant la réduction des lieux d'enterrement nécessaires, tout en soulageant les proches d'obligations liées à l'entretien des tombes. En 2022, la France comptait 216 crématoriums, avec quatre nouvelles ouvertures en 2023.
Conditions et procédures de la crémation
Choisir la crémation implique certaines conditions :
- Délai de 6 jours: la crémation doit avoir lieu dans les six jours suivant un décès. Un délai dépassé nécessitera une dérogation auprès de la préfecture.
- Retrait des dispositifs médicaux: tous les objets à piles doivent être ôtés du corps, car ils peuvent poses des risques lors de la crémation.
- Obstacles médico-légaux: En cas d'enquête judiciaire, le procureur peut interdire la crémation jusqu'à la fin des investigations.
Le processus de crémation prend environ 90 minutes, durant lesquelles les proches peuvent choisir de tenir une cérémonie dans le crématorium, qu'elle soit religieuse ou civile.
Choix et gestion des cendres
Une fois la crémation achevée, les cendres sont placées dans une urne choisie par la famille. Il est important de noter qu'il n'est pas permis de garder une urne chez soi depuis la loi de 2008. Les cendres peuvent être dispersées dans la nature, à condition de respecter certaines réglementations, ou conservées dans un columbarium, une cavurne, ou un jardin familial, mais cela nécessite diverses autorisations administratives.
Le coût d'une crémation peut aller de 2 500 à 3 000 euros de manière générale, bien que le prix puisse varier considérablement en fonction des services souhaités. Tout en étant traditionnellement perçue comme l'option économique, la crémation atteint maintenant un coût moyen comparable à celui de l'inhumation, qui tourne autour de 3 350 euros.
Enfin, la distinction entre crémation et incinération est importante; il faut se souvenir que la première se rapporte à la transformation d'un corps, tandis que la seconde concerne les déchets.







