Des primes d'engagement alléchantes et des salaires au-dessus de la moyenne attirent de nouvelles recrues dans l'armée russe. Le 15 mars, la Russie a lancé une offensive sur la « ceinture de forteresses » de la région de Donetsk, intensifiant son assaut avec près de 1 000 drones et missiles visant les infrastructures civiles et énergétiques ukrainiennes.
Les pertes ukrainiennes, bien qu'importantes, sont surmontées par le Kremlin qui envisage d'incorporer plus de 400 000 nouveaux soldats d'ici 2026. Cette stratégie, surnommée le « hachoir à viande », vise à submerger l'Ukraine par le nombre tout en sapant son moral en détruisant ses infrastructures, selon le commandant en chef des forces armées ukrainiennes, Oleksandr Syrskyi.
Le hachoir à viande
Bien que cette approche entraîne de lourdes pertes du côté russe, certains analystes, comme ceux de The Conversation, soulignent que l'incapacité de Vladimir Poutine à maintenir son armée en effectifs pourrait le forcer à envisager des négociations. Les problèmes de recrutement en Russie peuvent également être mis en lumière grâce à l'héritage de guerres passées, où les soldats ont souvent été maltraités, entraînant un déficit de confiance en l'institution militaire.
Des conflits historiques comme la guerre soviéto-afghane et la première guerre de Tchétchénie ont fait ressortir le mécontentement au sein des troupes, soulevant des préoccupations en termes de traitement et de conditions de vie au sein de l'armée. Les mères de soldats, par exemple, avaient déjà fait état de leur désespoir face à la détérioration de la vie militaire de leurs fils.
La couverture médiatique récente a également mis l'accent sur les taux de désertion croissants et la dévalorisation de l'image de l'armée, comme le montrent des articles de La Croix et BFM TV.
Une nouvelle dynamique
Poutine, conscient de ces enjeux, a entrepris des réformes proches de la société civile pour redynamiser le lien entre armée et peuple, en introduisant des avantages matériels conséquents pour les soldats, encourageant une image viriliste du métier tout en mettant en œuvre des sanctions sévères pour contrecarrer les déserteurs.
Malgré cela, beaucoup de Russes, en particulier dans les régions dévastées économiquement, perçoivent l'armée comme une opportunité d'ascension sociale. Les salaires populaires dans le secteur militaire témoignent de ce phénomène, comme l'ont observé des journalistes de Le Monde.
Alors que les tensions entre l'État et ses soldats persistent, la Russie semble déterminée à maintenir son appareil militaire en dépit des défis, mettant en exergue la nécessité d'une stratégie renouvelée sur le front ukrainien.







