Aucune accalmie n'est observée dans le Sud-Liban. À Marjayoun, village majoritairement chrétien, la population refuse de fuir malgré la pression qui s'exerce entre le Hezbollah et Israël.
Le même schéma se répète depuis un mois : des villages du sud libanais subissent des bombardements de Tsahal en réponse à des tirs de roquettes du Hezbollah. À Marjayoun, située à seulement 10 km de la frontière israélienne, les rues sont désertes. Les habitants se terrent, attendant désespérément de l'aide. Georges Zghayyar, un résident, témoigne : "On a peur car on est isolé. Les routes autour ont été bombardées. Depuis deux semaines, nous n'avons plus d'eau courante. Les bouteilles sont chères en temps de guerre."
Non loin de là, un autre village chrétien témoigne de la même résilience. Bien que la situation soit critique, les habitants optent pour la résistance plutôt que pour l'exil. Eli Abou Naquoul, maire de Kawkaba, déclare : "La situation est très mauvaise. Mais nous avons décidé de rester ici. C'est un choix délibéré. Même si les temps se détériorent, nous demeurerons chez nous."
"On est constamment en danger"
Un jour donné, les habitants ont eu l'honneur de recevoir Monseigneur Paolo Borgia, le représentant du pape au Liban. Depuis le début du conflit actuel, il visite les villages chrétiens du sud, apportant un soutien moral à des Libanais fatigués par des décennies de guerre. Agnes Elias, résidente à Kawkaba, partage son espoir : "Nous demandons à Dieu la paix pour pouvoir vivre chez nous. Nous en avons vraiment assez. J'avais 14 ans quand la guerre a commencé, et aujourd'hui, c'est au tour de nos enfants."
Dans chacune des localités chrétiennes du Sud-Liban, les mêmes appréhensions et angoisses se manifestent. À Qalyaa, les bons augures se font rares. Cependant, après une longue attente, un convoi d'aide humanitaire est enfin arrivé. En déchargeant les colis, les habitants se livrent. "Nous sommes au milieu du gué. D'un côté, il y a Israël. De l'autre, c'est le Hezbollah. Nous n'avons rien à voir avec leur conflit. Pourtant, nous entendons les roquettes et les bombes tomber. Nous sommes constamment en danger." Aucun espoir de paix à l'horizon pour ces habitants, alors qu'une offensive terrestre israélienne semble imminente.







