Le sénateur Laurent Duplomb, soutenu par Gérard Larcher, a demandé jeudi 2 avril 2026 l'insertion de son texte, la « loi Duplomb 2 », modifié après une censure partielle, dans le projet de loi agricole du gouvernement.
Le sénateur Laurent Duplomb, initiateur d'un projet visant à réintroduire temporairement des pesticides interdits en France, a demandé cette semaine que son texte fasse partie intégrante du projet de loi d'urgence agricole.
Ce projet, connu sous le nom de « Duplomb 2 », a été déposé le 30 janvier et cosigné par cinq sénateurs, représentant divers partis allant des Radicaux aux Républicains. Son objectif est de permettre des dérogations à l'interdiction de l'acétamipride—un néonicotinoïde ainsi que du flupyradiflurone, tous deux utilisant un mécanisme d'action similaire. Ces prescriptions s'appliqueraient notamment aux filières de la betterave sucrière, de la noisette, de la pomme et de la cerise.
« La ferme France ne peut plus attendre »
La version mise à jour du texte a été présentée lors d'une conférence de presse après un avis du Conseil d'État demandé par Gérard Larcher le 26 mars. Ce dernier a déclaré : « Sous réserve de la prise en considération de certaines recommandations, l'objectif d'intérêt général pourrait justifier les impacts sur la santé et l'environnement, lesquels seraient encadrés par le législateur. » Une partie de la loi Duplomb adoptée en juillet 2025 avait suscité une forte controverse en introduisant de manière conditionnelle l'acétamipride, qui demeure interdit en France, mais autorisé ailleurs en Europe jusqu'en 2033. Une pétition avait même recueilli plus de deux millions de signatures contre cette décision, avant que le Conseil constitutionnel ne censure l'article, rappelant que ces néonicotinoïdes « nuisent à la biodiversité, notamment aux insectes pollinisateurs et aux oiseaux » et « présentent des risques potentiels pour la santé humaine ».
Henri Cabanel, sénateur (RDSE) de l'Hérault et viticulteur bio, a témoigné de son soutien pour un texte qui « a considérablement évolué », appelant à « un bon sens paysan ». Selon Laurent Duplomb (LR), dont l'avocat a appuyé cette initiative : « La ferme France ne peut plus attendre. » Cette proposition a également trouvé un écho favorable auprès de Gérard Larcher, qui a adressé une lettre à Emmanuel Macron, Sébastien Lecornu et Annie Genevard pour plaider en faveur de l'insertion de ce texte dans le projet de loi d'urgence agricole.
Projet de loi agricole à examiner mercredi
Dans sa communication, Larcher a exprimé ne voir « aucun obstacle constitutionnel justifiant l'exclusion de ce texte. Il est essentiel que le gouvernement facilite son intégration dans le projet de loi d'urgence agricole ». Néanmoins, Annie Genevard a souligné que « le texte initial n’incluait pas cette mesure de réintroduction des pesticides ». Elle a affirmé : « Le Parlement peut faire évoluer ce texte ; c'est à nous de le déterminer. »
Le projet de loi d'urgence agricole, promis par Sébastien Lecornu suite aux manifestations des agriculteurs cet hiver, sera examiné en conseil des ministres dès mercredi prochain.
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