Emmanuel Agius en procès pour favoritisme : un jugement qui fait déjà scandale

Un ancien élu face à la justice : favoritisme ou complot politique ?
Emmanuel Agius en procès pour favoritisme : un jugement qui fait déjà scandale
Emmanuel Agius, ancien 1er adjoint de la maire de Calais et ancien président de Terre d'Opale Habitat était jugé jeudi 2 avril pour prise illégale d'intérêts © Maxppp - Johan BEN AZZOUZ/ PHOTOPQR/VOIX DU NORD/

Emmanuel Agius, ancien premier adjoint de la mairie de Calais, a comparu jeudi 2 avril devant le tribunal de Boulogne-sur-Mer, accusé de prise illégale d’intérêts. Le cas fait grand bruit dans la région, car il soulève des interrogations sur des pratiques au sein du bailleur social Terre d’Opale Habitat dont il était président.

Cinq autres coaccusés faisaient également face à des accusations similaires. La procureure a requis 15 mois de prison avec sursis contre Agius, soupçonné d'avoir avantagé des proches dans la vente d'appartements. Parmi ces personnes, sa compagne et sa belle-fille, ainsi que l'ancien chauffeur de la maire Natacha Bouchart, qui auraient bénéficié de conditions préférentielles.

Non, il n'y a pas eu de favoritisme

À la barre, Agius a rejeté toutes les accusations, affirmant : "Non, il n'y a pas eu de favoritisme". Il a nié toute implication dans le traitement de dossiers en faveur de proches et a déclaré n’avoir jamais averti sa compagne ou sa belle-fille des ventes à venir. L’ancien chauffeur, quant à lui, soutient avoir agi de manière indépendante.

Concernant les prix immobiliers, qui apparaissent nettement inférieurs à ceux du marché, Agius a continué de se défendre, expliquant que la baisse était due à la difficulté de vendre ces biens, nécessitant de gros travaux. "Je n'ai pas fixé ces prix", a-t-il affirmé sous le regard sceptique du tribunal.

C'est un complot

Emmanuel Agius a également exprimé son indignation face à ce qu'il considère une cabale politique, arguant qu'il a dû démissionner de plusieurs mandats : "Aujourd'hui, je suis perçu comme un vilain, mais j'étais un homme respecté". Son environnement personnel a été profondément affecté, sa femme souffrant d’angoisse après un épisode dépressif, tandis qu'il a lancé une entreprise de vente de voitures de collection sans vraiment s’en sortir financièrement.

La relaxe requise pour sa compagne et sa belle-fille

La procureure a également requis des peines de sursis pour d’autres coaccusés, mais a demandé la relaxe pour la compagne et la belle-fille d’Agius. La date du verdict est prévue pour le 30 avril, une décision qui pourrait encore avoir des répercussions importantes sur la réputation d’Agius et son avenir politique.

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