Les avocats de Lille ont décidé d'entamer une grève à partir de ce vendredi, qui devrait se prolonger jusqu'au 13 avril, en signe de protestation contre un projet de loi portant sur la justice criminelle. Cette réforme, menée par Gérald Darmanin, introduit notamment une procédure de « plaider-coupable criminel ».
Philippe Simoneau, bâtonnier de Lille, s'élève contre cette initiative, affirmant que « ce n'est pas en massacrant la procédure pénale qu'on va régler le problème ». Selon lui, cette réforme vise à accélérer le fonctionnement de la justice, mais au détriment des principes fondamentaux. Le texte proposé inclut également une procédure de jugement des crimes reconnus qui pourrait réduire les délais de jugement, avec des audiences se tenant en une demi-journée, sans témoins ni experts, en contraste frappant avec les procès actuels, qui s'étalent sur plusieurs jours.
Un jugement rapide au prix d’une justice dénaturée ?
Les avocats lillois jugent ce projet comme une atteinte inacceptable à leur profession. « On se passera de ce qui permet à une victime de comprendre pourquoi elle a été agressée », déplore Julien Delarue, avocat au barreau de Lille. Il souligne l’importance d’indiquer non seulement la peine, mais aussi de comprendre les motivations de l'auteur, et de s’intéresser à la victime.
Philippe Simoneau rappelle également : « Il est impératif de réduire les délais, mais il est tout aussi nécessaire de donner à notre justice le temps et les moyens qu'elle mérite. Plus de magistrats, plus de greffiers, et plus de ressources sont essentiels ». Ce sentiment semble être partagé par de nombreux avocats en France, car au total, une cinquantaine de barreaux, y compris celui de Paris, ont voté pour des mouvements de grève, quant à la réforme.
Alors que le Sénat se prépare à examiner le texte le 13 avril, les avocats lillois prévoient de se rassembler devant le Palais de justice pour affirmer leur désaccord. Selon La Tribune des avocats, cette mobilisation est cruciale pour défendre les valeurs essentielles du droit et la protection des droits des citoyens.







