Jeremstar face à la justice : une action anticorrida sans regrets

Jeremstar défend son message anticorrida devant le tribunal : un acte de courage ou de provocation ?
Jeremstar face à la justice : une action anticorrida sans regrets
©Gabriel BOUYS, AFP - L'influenceur Jeremstar, de son vrai nom Jérémy Gisclon, manifeste contre la corrida devant les arènes de Nîmes, le 2 avril 2026 dans le Gard

L’influenceur Jeremstar, actuellement jugé pour avoir pénétré une arène lors d’une corrida à Nîmes, a affiché jeudi sa détermination en déclarant devant le tribunal qu’il ne regrettait en rien son geste, qui avait pour objectif de dénoncer « ces spectacles barbares ».

À 39 ans, Jeremstar, alias Jérémy Gisclon, pour son vrai nom, rassemble près de 2,5 millions de followers sur Instagram et 2,9 millions sur TikTok. Il a su transformer sa présence au tribunal correctionnel de Nîmes en tribune pour défendre ses convictions anti-corrida.

À l’extérieur du palais de justice, une foule de jeunes admirateurs et de défenseurs de la cause animale l’attendait, brandissant des banderoles contre les corridas. L’influenceur portait fièrement un t-shirt affichant le slogan « Torturer des taureaux est un crime », bien que la présidente du tribunal lui ait demandé de le retirer durant l’audience.

Célèbre pour ses interviews de personnalités de la téléréalité, Jeremstar risque jusqu'à un an de prison pour son intrusion, survenue en septembre 2025, qui s’est matérialisée par l’exhibition d’un morceau de tissu sur lequel était écrit « F*CK la CORRIDA ».

Le parquet a requis une amende de 5.000 à 6.000 euros à son encontre, ainsi qu'une interdiction d’accès aux arènes. Le jugement a été mis en délibéré jusqu'au 9 juin.

- La tauromachie, un sport ? -

« C'est moi qui ai décidé de sauter dans l’arène après la mise à mort du taureau, lorsque le torero porte le coup fatal », a déclaré l’influenceur devant le tribunal. Il a insisté sur le fait qu’il n’y avait pas eu de trouble à la compétition, puisque le taureau était déjà mort.

Selon Jeremstar, son action, orchestrée avec l'aide d’associations, visait à « dénoncer ces spectacles inhumains ».

Il est poursuivi pour avoir « pénétré illégalement dans une enceinte sportive, troublant le cours de la compétition », selon le code du sport. Le tribunal doit trancher si les corridas peuvent être considérées comme des compétitions sportives, une notion mise en avant par des groupes anti-corrida.

Le procureur, Frédéric Kocher, a précisé que le débat n’était pas de prendre position pour ou contre la corrida, mais de clarifier si l’action de Jeremstar constituait une intrusion dans une compétition sportive. Pour lui, la corrida demeure une « compétition contre un taureau et entre toreros », marquée par un affrontement caractérisé.

Dans le cadre de la tauromachie, la corrida, d’origine espagnole, suscite des débats passionnés en France. Les partisans de cette pratique présentent l'événement comme une tradition culturelle, tandis que les militants pour les droits des animaux dénoncent la cruauté de ces spectacles.

La corrida à Nîmes se déroulait lors de la feria des vendanges et a été brièvement interrompue par l’intrusion de Jeremstar. D’autres activistes, également poursuivis pour des actes similaires, ont perturbé l’événement en se rendant sur le site, vêtus de t-shirts sur lesquels était inscrit « corrida » barré de rouge.

L’avocat de la société Casas & Co, en charge de l’organisation des spectacles tauromachiques à Nîmes, a exigé une condamnation des prévenus, qualifiant leur comportement de défi à l’ordre public, sous couvert de pacifisme.

Lire aussi

Une bataille autour de la salle de bal de Trump : entre approbations et contestations
Découvrez les rebondissements autour du projet de salle de bal de Donald Trump à la Maison Blanche. Approuvé par des alliés, contesté en justice.
01h03
Jeremstar face à la justice : une action anticorrida sans regrets
Jeremstar, influenceur controversé, défend son intrusion lors d'une corrida à Nîmes, plaidant pour la cause animale. Analyse d'un procès qui interroge la tauromachie.
2 avril
face à la flambée des prix, agriculteurs et artisans du BTP s'unissent pour crier leur détresse
La hausse des carburants provoque la colère des agriculteurs et des professionnels du BTP dans le Lot, qui demandent un bouclier tarifaire pour sauver leurs activités.
2 avril
Saint-Jean-de-Braye : le retour tant attendu de l'éclairage nocturne
Saint-Jean-de-Braye reprend l'éclairage public nocturne. Le maire Cédric Gourin répond aux préoccupations des habitants en assurant leur sécurité.
2 avril
Des sanctions sévères pour bizutages à l'université de Tours : jusqu'à deux ans d'exclusion
L'université de Tours inflige jusqu'à deux ans d'exclusion à 16 étudiants pour bizutages dégradants. Découvrez les détails de cette affaire et les réactions.
2 avril
La députée qui veut mettre fin au voile en conseil municipal
La députée Anne Sicard propose d'interdire le port du voile lors des conseils municipaux, relançant le débat sur la laïcité.
2 avril