Le ministère de la Justice vient de publier un rapport d'inspection qui s'interroge sur les raisons pour lesquelles l'ADN de Dominique Pelicot, identifié dès 2010 dans une affaire de viol, n'a pas été utilisé par les autorités judiciaires. Ce document soulève des questions cruciales concernant l'efficacité du système juridique face à des affaires aussi graves.
Dominique Pelicot, reconnu coupable de viols en décembre 2024, avait été interpellé en 2010 alors qu'il était surpris en train de filmer sous les jupes de plusieurs femmes dans un centre commercial en région parisienne. À cette occasion, son ADN fut prélevé et enregistré dans le Fichier national des empreintes génétiques (FNAEG). Peu après, des similitudes génétiques furent établies avec un ADN lié à la tentative de viol d'une jeune femme, Marion, survenue en 1999 en Seine-et-Marne.
Malgré cela, l'information concernant Pelicot a été envoyée au parquet de Meaux sans qu'aucune suite ne soit donnée. Cela a été décrit par certains juristes et avocats comme un signe d'un dysfonctionnement grave au sein du système judiciaire. Me Florence Rault, avocate de la victime, a déclaré : "Si ce rapprochement avait été effectué dès 2010, cela aurait pu empêcher l'horreur que Gisèle Pelicot a vécue pendant neuf années." Ces propos soulignent l'angoisse ressentie par les victimes face à un système qui semble parfois leur faire défaut.
Le ministre de la Justice, Gérald Darmanin, a également exprimé sa préoccupation face à cette situation, demandant à l’Inspection générale de la justice (IGJ) d’enquêter sur ces manquements. Dans un courrier récent, il a affirmé vouloir que la publication de ce rapport éclaire sur ces dysfonctionnements. "Il est impératif de comprendre pourquoi aucune action n'a été entreprise dans cette affaire," a-t-il ajouté.
Les conclusions de ce rapport, très attendues, devraient être révélées prochainement, et pourraient potentiellement conduire à des réformes nécessaires pour éviter que de tels échecs ne se reproduisent. En attendant, les familles des victimes se battent pour obtenir des réponses claires dans une affaire qui s'étire depuis trop longtemps.







