Le répit aura été de courte durée pour le collectif de la Maison populaire. La Société d’équipement de Touraine, propriétaire des anciennes casernes occupées, les assigne à nouveau en justice.
Les occupants des bâtiments désaffectés des casernes Beaumont à Tours devront se présenter devant le tribunal le mardi 16 juin 2026. Assignée par la Société d’équipement de Touraine (Set), la Maison internationale populaire (Mip) avait pourtant obtenu en avril un nouveau délai avant expulsion, valable jusqu’au 31 août 2026.
Bien que la Set ne conteste pas directement ce sursis, elle demande néanmoins une mise aux normes en matière de sécurité. Selon la Mip, cela constitue une tentative de « contourner le calendrier judiciaire en imposant des exigences supplémentaires pour provoquer une expulsion plus rapide ».
Une pression financière croissante
Cette fois, la Set intensifie la pression financière sur les occupants. Selon les documents judiciaires consultés par la Nouvelle République, la Set a demandé au tribunal de lui ordonner de retirer les panneaux solaires installés sur le toit d'un bâtiment, de remettre la toiture en état, de souscrire une assurance multirisque, et d’interdire l'hébergement d'urgence ainsi que l'organisation d'événements, avec des astreintes de 30 € par jour en cas de manquement. De plus, elle réclame 3.000 € pour les frais de justice.

Les occupants de la Mip ont installé deux panneaux solaires sur le toit de l’un des bâtiments pour alimenter des batteries qui permettent d’éclairer l’intérieur du bâtiment de vie.
© (Photo archives NR, Julien Pruvost)
« Cette nouvelle offensive démontre une fois de plus que la Set ne prend pas en considération les conséquences humaines et sociales, mais uniquement des considérations économiques », déplore la Mip dans son communiqué. La direction de la Set n’a pas répondu aux demandes d’information envoyées à l’heure de la publication.
Depuis le 18 avril 2025, les anciens logements de fonction militaire sont occupés par un « collectif de citoyens engagés », qui œuvrent pour mettre à l’abri des personnes sans solution de logement. La Mip est désormais confrontée à un bras de fer juridique avec les propriétaires. En avril dernier, les occupants de la Mip, représentés par l’association Cabanes, ont obtenu un nouveau délai alors que des discussions sont en cours avec la Ville de Tours pour un potentiel transfert de la Mip vers un bâtiment en réhabilitation situé dans le quartier Paul-Bert.







