Ce vendredi matin, lors d'une conférence de presse, le collectif féministe 'Loi intégrale', qui regroupe une centaine d'associations et d'organisations, a détaillé ses plans pour défendre l'urgente nécessité d'une législation robuste contre les violences faites aux femmes et aux enfants. Parmi les membres notables figurent la Fondation des femmes, la Fondation pour l'Enfance, Oxfam, ainsi que plusieurs syndicats.
"Aujourd'hui, nous faisons face à une injustice de trop," a déclaré avec émotion Anne-Cécile Mailfert, présidente de la Fondation des femmes, en référence aux obsèques de Lyhanna, une jeune victime de violence. Elle a souligné l'absence de réponses adéquates face à un nombre croissant d'alertes : "Jamais je n'ai vu une demande si forte pour réformer notre système." Cette tragédie a impulsé une mobilisation sans précédent au sein de la société civile.
Les chiffres sont alarmants : selon la Commission Indépendante sur l’Inceste et les Violences Sexuelles (CIVISE), 160 000 enfants subissent des violences sexuelles chaque année en France. "Ce ne sont pas que des chiffres, ce sont des vies," a ajouté Anne Sinic, directrice adjointe de l'association Caméléon. Sophie Binet de la CGT a appelé à des actions concrètes et a rejeté la passivité face à des "mesures gadget".
La coalition 'Loi intégrale' prévoit des manifestations tous les lundis à 19 heures devant le ministère de la Justice à Paris, ainsi que des rassemblements devant les tribunaux à travers le pays. "Notre cible n'est pas un juge en particulier, mais bien les décideurs politiques," a insisté Mailfert. Le collectif appelle également à une grande manifestation prévue le samedi 4 juillet. À ce jour, une pétition a recueilli 265 000 signatures, démontrant une volonté populaire de changement.
Investissement nécessaire : 2,6 milliards d'euros par an
Les membres du collectif affirment que l’investissement annuel pour une politique efficace de lutte contre ces violences devrait atteindre 2,6 milliards d'euros. Bien que le gouvernement ait adopté certaines mesures pour intégrer des éléments clés de cette proposition dans un projet de loi en préparation, de nombreux experts estiment que cela reste insuffisant.
Les actions du collectif ne passent pas inaperçues; elles visent à faire pression sur le gouvernement pour que la proposition de loi englobant 79 articles, déposée fin 2025 par près de 100 députés, soit examinée rapidement. Cette loi est cruciale pour instaurer des formations obligatoires pour les professionnels, et pour créer des unités spécialisées dans la police judiciaire pour traiter les violences sexistes et sexuelles.
Alors que le débat se poursuit sur ce sujet crucial, il est impératif que la société civile reste mobilisée et continue d'exiger des changements significatifs pour protéger les plus vulnérables. La nécessité d'une réponse collective et déterminée n'a jamais été aussi pressante.







