Jeudi soir, une conférence prévue à l'université de Tours et organisée par Solidaires Étudiants a été annulée par l'administration, invoquant des risques pour l'ordre public. Le sujet de la réunion, censé être « neutre », s'est transformé en un véritable enjeu de liberté d'expression.
Selon le Parisien, l'université avait initialement validé la demande de réservation, mais des flyers annonçant la conférence ont révélé qu'elle aborderait des liens controversés entre les universités françaises et l'armement, ainsi que des partenariats avec des universités israéliennes.
Philippe Roingeard, président de l'université, a ordonné l'annulation, arguant d'un potentiel « trouble à l'ordre public ». Il a également mentionné que la demande avait été faite tardivement et que la nature des intervenants posait question.
« Atteinte aux libertés académiques »
Solidaires Étudiants, denonçant une atteinte aux libertés académiques, a décidé de maintenir la conférence sur un espace public, hors des limites de l'université. La présidente du syndicat, Nathalia Renaudin, a assuré que des mesures seraient prises pour garantir la sécurité et limiter les débordements.
« Si nous avions parlé de l'Allemagne ou de l'Italie, cela n'aurait pas suscité de tensions », a-t-elle regretté, soulignant l'absence d'un véritable dialogue autour de ces enjeux. Au programme, le syndicat avait prévu une discussion autour de la collaboration entre l'université de Tours et STMicroElectronics, qualifiée de « complice du génocide israélien » par Solidaires Étudiants, ce qui pourrait être interprété comme diffamatoire, selon l'administration.
Ce contexte d'extrême vigilance dans les universités n'est pas anodin. Après des incidents récents de violence ayant entraîné des conséquences tragiques, le ministre de l'Enseignement supérieur, Philippe Baptiste, avait déjà déclaré qu'aucune réunion ne serait tolérée si elle présentait un risque de trouble à l'ordre public.
Alors que les débats autour des partenariats académiques franco-israéliens deviennent de plus en plus polarisés, les événements de Tours soulèvent des questions cruciales sur la liberté d'expression au sein des établissements d'enseignement supérieur.







