Des ingénieurs de l'université Columbia à New York viennent de franchir une étape décisive dans le domaine de la robotique avec Emo, un robot capable non seulement d'imiter les expressions faciales, mais aussi de synchroniser ses lèvres lors de la parole. Après avoir été présenté pour la première fois en avril 2024, Emo est désormais capable de parler plusieurs langues, y compris le français, l'anglais, l'italien et le chinois, en faisant bouger ses lèvres de manière naturelle.
Pour atteindre ce niveau de réalisme, les ingénieurs ont utilisé des milliers de vidéos de conversations humaines pour enseigner au robot comment bouger ses lèvres en fonction des sons et des phonèmes. Selon un communiqué de l'université, cette prouesse technologique repose sur un matériel sophistiqué, notamment une peau faciale flexible actionnée par des micromoteurs, permettant des mouvements subtils et précis.
Yuhang Hu, l'un des responsables de l'étude, constate que "ce processus d'apprentissage est fascinant, car le robot devient capable d'imiter des expressions faciales variées en observant simplement les humains". Cette approche contraste avec les méthodes de programmation traditionnelles, permettant ainsi à Emo de devenir plus empathique, même si certains experts, comme le professeur de psychologie sociale Michèle M. H. Sabourin, soulignent qu'un robot apte à simuler des émotions soulève des questions éthiques.
En dépit des défis techniques, notamment dans la reproduction de certains sons comme le 'B' ou le 'W', l'équipe est confiante que l’IA d’Emo s’améliorera avec l’entraînement. Ce robot, désormais capable de générer son propre contenu artistique, a même sorti un album intitulé Hello World, disponible sur des plateformes comme Spotify et Apple Music.
Les chercheurs espèrent que la capacité à reproduire des expressions faciales et à interagir verbalement marquera une avancée significative dans le domaine. Toutefois, ils reconnaissent que ces technologies doivent être employées avec prudence, car une meilleure interactivité pourrait à la fois faciliter et compliquer les relations entre les humains et les machines. En somme, Emo pourrait bien être une porte d'entrée vers un avenir où la frontière entre l'homme et la machine est de plus en plus floue.







