Le 17 janvier 2026, la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, se rend au Paraguay pour signer l'accord de libre-échange avec le Mercosur, qui inclut l'Argentine, le Brésil, le Paraguay et l'Uruguay. Cet accord, qui vise à établir une zone de libre-échange pour 700 millions de personnes, suscite des débats intenses, notamment en France.
Révélé par 20 Minutes, cet enthousiasme européen est terni par une forte opposition en France, surtout parmi les agriculteurs qui craignent une concurrence déloyale. Le ministre français Sébastien Lecornu a exhorté le président du Sénat, Gérard Larcher, à activer des relais au sein du Parlement européen pour contrer cette ratification.
Une échéance cruciale se profile le 21 janvier, lorsque 150 eurodéputés demanderont la saisine de la Cour de justice de l'Union européenne (CJUE) pour évaluer la conformité de l'accord. Si ce mouvement obtient le soutien nécessaire, la CJUE pourrait imposer une renégociation, rendant l'accord Mercosur caduc dans sa forme actuelle. Pascal Canfin, eurodéputé Renew, a déclaré que ce vote pourrait se jouer à une dizaine de voix près, et souligne l'importance capital des députés italiens, souvent au cœur des décisions.
Les inquiétudes ne s'arrêtent pas là. Un mécanisme de rééquilibrage prévu dans l'accord soulève des interrogations. Ce dispositif, qui permettrait aux pays du Mercosur de demander des compensations pour de nouvelles régulations environnementales adoptées par l'UE, pourrait créer des tensions et des obligations contraignantes sur la souveraineté européenne, prévient Canfin.
Le député note également que la dynamique politique est particulièrement volatile, car de nombreux eurodéputés restent favorables à l'accord, notamment ceux de l'Allemagne et d'Espagne, suscitant des doutes sur l'issue du vote. Olivier Costa, politologue spécialiste des enjeux européens, souligne que la situation pourrait changer rapidement selon l’humeur du public et des parlementaires.
Enfin, l'exécutif européen appelle les eurodéputés à faire bloc pour soutenir cet accord commercial. Une victoire pour le Mercosur serait un tournant dans les politiques commerciales de l'UE et pourrait influencer de futurs accords, notamment ceux avec la Malaisie et l'Inde. Le prochain vote décidera non seulement du sort de cet accord, mais aussi de l'évolution des relations commerciales de l'Europe.







