Le projet d'accord de libre-échange entre l'Union européenne et les pays du Mercosur (Argentine, Brésil, Paraguay et Uruguay) suscite de vives inquiétudes parmi les défenseurs de l'environnement et les agriculteurs. Signé après plus de vingt-cinq ans de discussion, cet accord a pour objectif d'accroître les échanges commerciaux, mais il pourrait également amplifié des problèmes environnementaux cruciaux.
Alors que la Commission européenne espère obtenir le soutien nécessaire pour procéder à la signature du traité, des agriculteurs se mobilisent pour dénoncer ce qu'ils considèrent comme une concurrence déloyale. Selon leurs arguments, les normes environnementales et sociales en vigueur dans ces pays sud-américains ne sont pas comparables aux exigences européennes. Ainsi, Greenpeace avertit que cet accord pourrait avoir des conséquences dévastatrices pour la population rurale, les écosystèmes et le climat.
« L'accord avec le Mercosur est salvateur pour les économies des pays concernés, mais il est profondément dévastateur pour l'environnement », déclare Maxime Combes, économiste à l'Aitec, qui étudie les liens entre les accords commerciaux et les questions climatiques. Des études montrent en effet que cela pourrait accroître les émissions de gaz à effet de serre, notamment à cause du transport de biens entre les deux continents.
Les défenseurs du climat s'inquiètent surtout des importations prévues, qui incluront de la viande, du sucre et du soja, ce qui pourrait entraîner une déforestation accrue. Une étude de l'institut Veblen souligne que la signature de cet accord pourrait engendrer jusqu'à 700 000 hectares de déforestation supplémentaire d'ici 2032, menaçant ainsi des écosystèmes critiques tels que l'Amazonie et le Gran Chaco.
Les experts s'accordent à dire que ce système d'importations pourrait également importer davantage de produits agricoles cultivés avec des pesticides interdits en Europe, posant des risques tant pour l'environnement que pour la santé publique. « La situation actuelle est inquiétante, car au moment où nous devrions limiter l'usage de ces substances, nous en renforçons indirectement l'importation », avertit Combes.
En somme, la mobilisation contre l'accord Mercosur est symptomatique de tensions plus profondes entre les impératifs commerciaux et les nécessités climatiques. Les débats en cours au sein des États membres de l'UE pourraient ainsi marquer un tournant déterminant pour l'avenir des politiques commerciales internationales face à l'urgence climatique actuelle.







