La ministre de la Santé, Stéphanie Rist, se trouve dans une situation délicate alors qu'elle doit gérer une grève historique des médecins et faire face aux électeurs dans un contexte électoral incertain. À peine trois mois après sa nomination, la pression monte alors qu'elle se prépare pour l'élection législative partielle de la 1re circonscription du Loiret, prévue les 18 et 25 janvier.
Cette lutte pourrait bien déterminer son avenir au sein du gouvernement, accablée par un climat d'impopularité croissant à l'égard du président Emmanuel Macron. Rist, qui a succédé à d'autres ministres éphémères depuis 2022, doit naviguer dans des eaux politiques tumultueuses. Élu députée en 2024, Rist a vu son ascension brusquement interrompue après sa nomination ministérielle, entraînant une élection partielle faute de colistier prêt à la remplacer. Elle se présente ainsi dans un scrutin à fort enjeu, où sa défaite pourrait lui coûter son poste.
Cette situation est d'autant plus complexe qu'elle se décline dans un contexte de grève des médecins libéraux, qui manifestent contre ce qu'ils perçoivent comme des attaques gouvernementales sans précédent sur leur profession. Ils sont souvent préoccupés par le contenu du budget de la Sécurité sociale qu'elle défend, adopté à la fin de l'année 2022. La manifestation du 10 janvier, comparable à celle de février 2023, représente un défi de taille pour la ministre.
Ce dernier événement est symptomatique d'un mécontentement grandissant parmi les professionnels de la santé, qui demandent des assurances sur le maintien de leur indépendance. Dans une lettre à leurs soins, Rist tente de calmer les esprits en se présentant comme "la ministre de tous les médecins" et en promettant une écoute attentif à leurs préoccupations. Cependant, comme le souligne le Dr Kilian Thomas, représentant des jeunes médecins généralistes, "les engagements de Rist resteront vides si la pression politique dépasse sa capacité à s'opposer radicalement aux changements".
En parallèle, les élections législatives s'annoncent délicates. L'abstention pourrait atteindre des niveaux records dans cette circonscription peu mobilisée. La candidate socialiste et d'autres mouvements de gauche partagent les voix de défiance, tandis que le Rassemblement national espère tirer profit d'un retournement électoral. Les enjeux sont donc élevés et les voix des électeurs s'avéreront déterminantes. La victoire de Rist pourrait se jouer à un nombre minime de voix. Alors que la ministre tente de trouver son chemin entre des promesses et des attentes contradictoires, l'issue de ce scrutin pourrait ressembler à un véritable révélateur pour le paysage politique français.







