Les entreprises minieres Glencore et Rio Tinto ont récemment annoncé qu’elles étaient engagées dans des discussions préliminaires concernant une éventuelle fusion. Selon un communiqué diffusé par Glencore, cette initiative vise à explorer un rapprochement sur « tout ou une partie » de leurs opérations. Si ces échanges aboutissent, le nouveau groupe pourrait devenir le leader mondial en termes de capitalisation boursière, dépassant ainsi le géant australien BHP.
Bien que les discussions soient en cours, les deux entreprises tiennent à souligner qu'aucun accord final n'a été établi, et qu'il subsiste une incertitude quant à l’éventuelle structure de cette opération, qui pourrait inclure une fusion entièrement en actions, soumise à l’approbation judiciaire. Selon les réglementations britanniques, Rio Tinto a jusqu’au 5 février prochain pour faire une annonce officielle : soit celle de vouloir déposer une offre sur Glencore, soit son choix de ne pas continuer.
Un scénario déjà envisagé à plusieurs reprises
Ce n’est pas la première fois que cette fusion est évoquée. En janvier 2025, déjà, les deux groupes avaient échangé des propositions, mais ces discussions avaient rapidement pris fin, selon des sources de Reuters. En 2014, une précédente offre de fusion de Glencore avait été refusée par Rio Tinto, qui jugeait cette démarche non bénéfique pour ses actionnaires. Cependant, le contexte actuel pourrait favoriser un tel rapprochement, compte tenu de l'importance stratégique de ces deux acteurs : Rio Tinto est un acteur majeur dans le domaine du minerai de fer, tout en renforçant sa position sur le cuivre et le lithium, tandis que Glencore excelle dans les métaux de base et possède une plateforme de négoce de matières premières très influente.
D'un autre côté, des préoccupations subsistent, notamment en ce qui concerne les activités charbon de Glencore, secteur dont Rio Tinto s’est déjà éloigné.
Une consolidation dans le secteur des métaux stratégiques
Les discussions actuelles s'inscrivent dans un contexte de réorganisation rapide dans le secteur minier, stimulée par la transition énergétique et une demande accrue pour des métaux stratégiques. Le prix du cuivre a récemment atteint des niveaux élevés, dépassant les 12 000 USD (environ 10 300 euros) la tonne. Ce climat de dynamique a conduit à une multiplication des fusions et acquisitions dans le secteur. Par exemple, en septembre 2025, Anglo American et Teck Resources ont annoncé leur fusion pour créer un partenariat axé sur les minéraux critiques, notamment le cuivre. Quelques semaines plus tard, BHP a tenté d’approcher Anglo American, mais sa proposition a été rejetée par le Conseil d'administration britannique.
Les actionnaires de Teck Resources ont depuis validé cette fusion, dont la mise en œuvre dépend encore des régulations, prévue pour 2026. Le nouvel ensemble, nommé Anglo Teck, ambitionne d’atteindre le statut de l’un des cinq plus grands producteurs mondiaux de cuivre. Si Glencore et Rio Tinto s'unissent, elles créeront une entité dont la capitalisation boursière pourrait avoisiner les 207 milliards USD (environ 177,8 milliards d'euros), supérieure aux 161 milliards USD de BHP, redéfinissant ainsi les contours du marché minier mondial.







