La région du Golfe est à nouveau en proie à des frappes militaires depuis dimanche après-midi, suite à l'annonce par l'Iran de la fermeture du détroit d'Ormuz. Les États-Unis, pour leur part, affirment que cette voie maritime cruciale demeure ouverte.
Des affrontements ont éclaté entre les forces américaines et iraniennes dans la nuit, marquant la seconde escalade de cette semaine. Cela survient alors que les deux nations avaient signé, le 17 juin, un accord destiné à mettre un terme à un conflit plus large au Moyen-Orient, initié par une offensive israélo-américaine contre l'Iran fin février.
Dans l'après-midi, l'agence de presse iranienne a rapporté un mort et deux blessés sur l'île de Farur, tandis que le Koweït a dénoncé des tirs contre ses installations frontalières et une plateforme pétrolière, causant des blessures et des dégâts.
L'accord de juin stipulait la réouverture du détroit, par lequel transite un cinquième du pétrole mondial. Une fermeture précoce due à la guerre précédente avait provoqué des hausses vertigineuses des prix du brut.
Mohsen Rezaï, conseiller militaire du guide suprême iranien, a déclaré que le détroit d'Ormuz revêtait une importance équivalente à celle de "dizaines de bombes nucléaires", alors même que Téhéran est sous le coup d'accusations de viser à se doter d'armes nucléaires, ce qu'il rejette.
- "Route non autorisée" -
"Le transit au travers du détroit d'Ormuz est actuellement impossible", a précisé Mizan Online, l'agence de presse du pouvoir judiciaire iranien.
Le Commandement américain (Centcom) a réaffirmé sur X que le passage était "accessible à tous les navires souhaitant l'emprunter légalement". Ses forces, assurent-elles, sont prêtes à maintenir la liberté de navigation face aux provocations iraniennes.

L'Iran a déclaré avoir fermé le passage "jusqu'à nouvel ordre" après avoir ouvert le feu sur un navire qu'il accusait d'emprunter une "route non autorisée". Téhéran n'accepte qu'un couloir de navigation le long de ses côtes, excluant un retour à la liberté de circulation d'avant la guerre.
En réponse, le Centcom a frappé plusieurs cibles militaires, visant des infrastructures liées aux missiles, aux drones et à la logistique iranienne. Des explosions ont été rapportées dans le sud de l'Iran, faisant un militaire tué et provoquant des destructions dans le Khouzestan, près de l'Irak.
Téhéran a affirmé avoir riposté en attaquant une base militaire américaine au Qatar, blessant trois soldats. Les alliés américains, les Émirats et la Jordanie, ont également indiqué être des cibles de missiles iraniens, tandis que Bahreïn a déclenché ses sirènes d'alerte.
Les Gardiens de la Révolution ont revendiqué une rare attaque contre Oman, affirmant avoir neutralisé des bases liées aux porte-avions américains, selon l'agence Irib.
- Appels à la désescalade -
Le sultanat d'Oman a condamné l'attaque, rappelant qu'il avait accueilli samedi le ministre iranien des affaires étrangères pour discuter de la gestion du détroit, crucial pour le commerce maritime international.
Dans ce contexte de tensions croissantes, plusieurs pays médiateurs s'efforcent de relancer le dialogue diplomatique. Ishaq Dar, ministre pakistanais des affaires étrangères, a appelé les deux pays à "faire preuve de retenue". Le secrétaire général de l'ONU, Antonio Guterres, a pour sa part réclamé un retour urgent aux négociations.
Oman a également annoncé avoir secouru 23 membres d'équipage d'un navire attaqué à Ormuz et était à la recherche d'un autre. Cette attaque, survenue dans des eaux relevant du sultanat, a conduit à l'évacuation de l'équipage du GFS Galaxy, un porte-conteneurs battant pavillon chypriote, selon l'agence de sécurité maritime britannique UKMTO.
Les États-Unis avaient mené des frappes contre l'Iran en milieu de semaine précédente, imputant à Téhéran des attaques sur des navires commerciaux. En représailles, l'Iran a ciblé des installations au Koweït, à Bahreïn et au Qatar, alimentant ainsi le cycle de violences dans la région.







