Le sommet Choose France 2026 a révélé la forte dynamique intéressée des investissements dans le domaine logistique, en particulier dans le secteur en pleine expansion des entrepôts logistiques. Lors de cette rencontre, Amazon a annoncé un nouveau plan d’investissement dépassant 15 milliards d’euros en trois ans et trois nouveaux sites logistiques ajoutant près de 1.000 emplois aux 7.000 déjà prévus.
Après une baisse significative en 2023, la France a enregistré environ 4 milliards d’euros d’investissements logistiques en 2024, représentant une augmentation de 105,6 % par rapport à l’année précédente, selon la direction générale des infrastructures, des transports et des mobilités (DGITM).
Près de 4.000 entrepôts ou plateformes logistiques
À fin 2024, la France comptait 3.900 entrepôts ou plateformes logistiques, s'étendant sur une superficie totale de 93 millions de m². Selon la DGITM, « la proportion de bâtiments logistiques représente moins de 1 % de l'ensemble des bâtiments du pays ». Michel Savy, président du think tank TDIE, souligne que les grandes régions logistiques, notamment Paris, Lille, Marseille et Lyon, regroupent plus de 55 % de cette superficie d'entreposage.
Les atouts de la France dans ce secteur incluent « un prix du foncier plus compétitif par rapport à d’autres pays européens », indique Laëtitia Dablanc, urbaniste à l'université Gustave Eiffel. Par exemple, le mètre carré dans la région parisienne est trois fois moins cher que dans la capitale britannique, selon M. Savy.
Le rôle croissant d'Amazon
Ce dynamisme est largement attribué à l'essor du e-commerce, qui nécessite en moyenne trois fois plus d'espace de stockage que le commerce traditionnel, souligne la DGITM. Ainsi, les récentes initiatives d’Amazon ne visent pas seulement à renforcer la présence de l’entreprise en France, mais aussi à compenser un léger retard en matière d’entrepôts par rapport à l’Allemagne.
Le géant prévoit de construire à Ensisheim, dans le Haut-Rhin, l'un de ses plus grands centres en Europe, couvrant 189.000 m² sur trois niveaux. Dablanc note que le gigantisme des plateformes d'Amazon, souvent de plusieurs centaines de milliers de mètres carrés aux États-Unis, s'oriente vers des structures de trois à cinq étages en France pour s'adapter à la raréfaction du foncier.
Au-delà d’Amazon, d’autres grands noms de la logistique, comme CMA-CGM, se diversifient et créent des opportunités d’emploi terrestre en parallèle de leurs activités maritimes, observe M. Savy.
Défis et perspectives d'avenir
Laëtitia Dablanc souligne les défis qui attendent le secteur. « L'accès en transport public pour les employés de ces entrepôts est très limité. Il est donc crucial de regrouper plusieurs sites logistiques pour justifier des solutions de transport collectif. », propose-t-elle. M. Savy partage cette opinion, plaidant pour des horaires adaptés, notamment nocturnes, pour éviter l'usage des véhicules personnels.
Un autre enjeu majeur est la robotisation, déjà bien implantée. Bien qu'il y ait encore une forte nécessité de main-d'œuvre, la demande d’emplois qualifiés dans le secteur continuera d’augmenter, comme le souligne Dablanc. Elle avertit que la mise en place de formations sera essentielle pour faire face aux évolutions de la demande.
En résumé, la logistique en France est à un tournant, et son développement continu dépendra de la capacité des acteurs à s’adapter aux nouvelles réalités du marché tout en maximisant l’efficacité de leurs opérations.







