Pour la première fois depuis l'établissement du label "Palace" en 2010, l'Hôtel du Palais à Biarritz a été rétrogradé, tout comme le Park Hyatt et le Mandarin Oriental à Paris. La nouvelle municipalité entend cependant restaurer l'image de ce prestigieux établissement.
L'annonce a été faite en mai, à l'issue d'une réunion de la commission Palace, qui ne s'était pas réunie depuis la pandémie. Cette décision a été un choc pour le Pays basque, car l'Hôtel du Palais, qui est le seul palace de la façade Atlantique et un emblème de Biarritz, a été classé désormais comme un simple hôtel cinq étoiles. Les membres de la commission ont estimé qu'il ne répondait plus aux standards d'excellence exigés.
Trois raisons principales ont été avancées par Atout France, l'agence en charge de l'attribution de ce titre prestigieux. D'abord, le spa, qui date de plus de vingt ans, ne correspondait plus aux critères actuels. Bien qu'il ait bénéficié de travaux d'envergure entre 2018 et 2021, durant lesquels 80 millions d'euros ont été investis, le spa n'a pas été inclus dans ces rénovations, créant un décalage avec le reste de l'établissement.
Ensuite, certaines chambres, notamment les 26 de l'aile nord, n'ont pas été entièrement modernisées, laissant des salles de bains en retrait par rapport aux autres parties de l'hôtel. Enfin, la question de la restauration a également été déterminante. La salle à manger historique, La Rotonde, a été jugée peu cohérente dans sa proposition gastronomique, mélangeant cuisine brasserie et gastronomie haut de gamme. Actuellement, l'hôtel ne dispose plus de restaurant étoilé depuis le départ du chef Aurélien Largeau fin 2023.
Un palace à qui il manque l'esprit palace
Le déclassement de l'Hôtel du Palais semble refléter une dégradation du service et de l'expérience client. Plusieurs habitués, comme Inès, une cliente fidèle de Biarritz, ont exprimé leur déception. "J'ai été très déçue lors de ma dernière visite. Ça n'avait rien d'un palace," confie-t-elle, mentionnant des détails négligés, tels qu'un cendrier débordant, des fauteuils souillés, ou même un tapis abîmé.
Un label très franco-français
Du côté de la mairie de Biarritz, ce déclassement a été perçu comme une surprise désagréable. Philippe Nalpas, adjoint aux finances, a déclaré : "Ce n’est pas une bonne nouvelle. Nous l’avons appris peu après les élections, tandis que la municipalité sortante en avait connaissance depuis décembre." Cependant, il tempère les conséquences en précisant que le label "palace" est davantage symbolique que décisif à l'international ; l'hôtel continuera à être identifié comme un cinq étoiles.
Cette analyse est partagée par Maider Arosteguy, maire sortante, qui estime que cette révision n'affectera pas l'établissement : "L'Hôtel du Palais demeure un hôtel à part. Les critères de sélection sont parfois subjectifs et relèvent du ressenti." Ses propos font écho aux réactions des clients, témoignant d'une problématique plus large dans le secteur de l'hôtellerie de luxe en France.







