La dernière version de Starship, géante fusée de SpaceX, a réalisé un test permettant de consolider les ambitions d'Elon Musk, qui prépare son entrée en Bourse très attendue. Le vol, d'une durée d'environ 65 minutes, a connu quelques accrocs techniques, mais l'équipe de SpaceX a célébré l’abandon prévu de l'étage supérieur dans l'océan Indien.
"Bravo à SpaceX et Elon Musk pour un impressionnant décollage de Starship V3," a exprimé Jared Isaacman, le responsable de la NASA sur X. "Cela nous rapproche de la Lune... et de Mars."
Le lancement a eu lieu comme prévu, après un report initial, en début de soirée au Texas. Les deux parties de l'engin se sont dissociées sans problème. Ce modèle de test est plus imposant que le précédent, affichant une hauteur de 124 mètres.
Cette version avancée de Starship a réalisé la plupart des objectifs fixés par SpaceX, selon Clayton Swope du Centre d'études stratégiques et internationales (CSIS) interrogé par l'AFP. Cependant, il ajoute, "le chemin à parcourir reste encore long avant que Starship ne soit opérationnelle pour la prochaine mission Artemis," le programme lunaire de la NASA.
Pas de récupération pour ce vol
Le propulseur n’a pas produit la poussée initialement prévue, a révélé Dan Huot, porte-parole de l’entreprise, et a chuté de manière imprévue dans le Golfe du Mexique. L'entreprise n’avait pas prévu de récupérer la pièce intacte, une manœuvre déjà réalisée auparavant, mais elle espérait tout de même un abandon contrôlé.
Après avoir déployé des satellites factices, dont deux visant à analyser le bouclier thermique, l'étage supérieur a terminé sa trajectoire dans l'océan Indien. Toutefois, un autre imprévu est survenu : le vaisseau n'a pas atteint l’orbite prévue après un dysfonctionnement moteur. Les cinq moteurs restants ont été sollicités plus longtemps pour compenser.
"Je ne qualifierais pas cela d’insertion orbitale idéale," a précisé Dan Huot.
Ce lancement très attendu a suivi un report de la veille pour des problèmes techniques. SpaceX se prépare à une introduction en Bourse potentiellement record, attendue en juin, qui pourrait élever sa valorisation à entre 1.700 et 2.000 milliards de dollars, comme l’ont rapporté les médias. L'entreprise, fondée par Elon Musk en 2002, combine des projets comme la constellation Starlink et le laboratoire xAI.
L'une des versions de Starship doit servir d'alunisseur de la NASA
Ce 12e vol, réalisé sept mois après le précédent, visait à attester des améliorations intégrées dans la fusée. Un des modèles de Starship est destiné à devenir l'alunisseur de la NASA, projeté pour des missions sollicitées par le vaisseau européen Orion et déjà testé lors de la mission Artemis II. La NASA surveille de près les développements de SpaceX: en septembre dernier, elle a ouvert la possibilité de réévaluer son contrat pour l’alunisseur et pourrait envisager d'utiliser le modèle de Blue Origin, l’entreprise de Jeff Bezos, concurrent directe de Musk, comme l’a souligné Les Echos.
Les États-Unis envisagent d'envoyer des astronautes sur la Lune d'ici 2028, avant la Chine, qui projette d’effectuer une mission pour recueillir des données sur des séjours prolongés en orbite. Cette dernière ambitionne également d'y envoyer des hommes d'ici 2030. Toutefois, face aux retards du secteur privé, le gouvernement craint que les États-Unis ne parviennent pas à accomplir cet objectif en premier.
Des obstacles demeurent, notamment la capacité à se ravitailler en propergol en orbite, une étape essentielle n’ayant jamais été testée pour des missions de longue durée. Bien que les récentes missions de Starship aient été couronnées de succès, d'autres ont été marquées par des explosions mémorables, rappelant les défis que doit relever SpaceX dans son parcours.







