Cette année, l'été s'annonce compliqué pour les vacanciers français. Face à la hausse des carburants, la compagnie Transavia a déjà annoncé l'annulation de plusieurs de ses vols, tandis qu'une étude publiée par l'Alliance France Tourisme révèle que seulement 68% des Français envisagent de partir au moins une semaine cet été, contre 76% l'an dernier.
Le dilemme des vacances ne se réduit plus à un simple choix entre « mer ou montagne », mais à une question fondamentale : « est-ce que nous partons vraiment ? » Les résultats de cette étude Ifop, rendue publique le 28 avril, sont préoccupants. Les incertitudes économiques pèsent sur les décisions, avec seulement 37% des Français sûrs de leurs projets, un chiffre en baisse par rapport aux 50% de l'année passée.
En 2026, le budget moyen pour des vacances s'établit à 1 530 €, une baisse notable par rapport à l'année précédente. La majorité des Français (86%) prévoient de faire appel à leur épargne personnelle pour financer leur séjour. Les mesures d'économie prennent forme ; 61% envisagent de réduire la durée ou la fréquence de leurs séjours, tandis que 60% prévoient de limiter leurs dépenses sur place.
Des vacances en France et en voiture : retour dans les années 1970
Dans ce contexte, les séjours passés à des prix réduits, tels que les hébergements gratuits, sont en forte augmentation, passant de 22% à 32% pour les courts séjours. La tendance au camping a également crû, de 17% à 27%. De ce fait, une majorité (71%) des vacanciers choisiront de rester en France. Seules 23% des personnes se tourneront vers des destinations européennes, et moins d'un habitant sur dix optera pour des lieux plus éloignés, une situation influencée par les hausses de prix du transport et une recherche de sécurité dans un contexte international fragile.
Ce choix de vacances en France pousse vers l'utilisation de la voiture. Environ 68% des vacanciers utiliseront leur véhicule personnel cet été. Les raisons incluent la liberté de mouvement sur place (60%), la facilité d'organisation (36%) et un sentiment d'économie (29%). Par exemple, pour un trajet familial Paris-Barcelone, le coût en voiture se chiffre à environ 605 € pour un aller-retour, tandis que le train et l'avion atteignent respectivement 1 149 € et 1 106 €.
Le train, un choix limité
Malgré ses avantages, le train est loin d'être la première option ; il sera utilisé par seulement 18% des Français cet été. Selon UFC-Que Choisir, à partir de Paris, les trajets en train sont souvent moins chers que ceux en avion. Cependant, en dehors de la capitale, la situation se complique. Les correspondances font grimper les prix, rétablissant ainsi l'avantage de l'avion pour 37% des liaisons.
L’avion, un mirage
Alors que l'avion est toujours utilisé par près d'un quart des vacanciers, la hausse des prix du kérosène pourrait entraîner une baisse de sa popularité. Transavia a déjà annoncé une augmentation d'environ 10 € par vol, malgré le fait que les tarifs bas des compagnies low-cost continuent d'attirer les voyageurs. En effet, un Paris-Rome coûte seulement 70 € en avion, mais jusqu'à 210 € en train, un écart qui soulève des préoccupations parmi les défenseurs de l'environnement, comme l'indique un rapport de Greenpeace.
Les inégalités d'accès aux vacances deviennent plus marquées, avec 84% des ménages aisés prévoyant de voyager cet été, contre seulement 58% des ménages plus modestes. Comme le souligne l'Alliance France Tourisme, « les vacances deviennent un marqueur social de plus en plus prégnant ». Cette situation semble ainsi refléter les frustrations croissantes au sein de la population face à la précarité économique, marquant un tournant significatif dans les choix de transport pour cet été 2026.







