La Turquie a assisté à une vague d'arrestations qui a visé près de quarante personnes, y compris des journalistes, des syndicalistes et des opposants, en vue des célébrations du 1er mai à Istanbul, un événement traditionnellement étroitement surveillé par les autorités. Plusieurs sources, dont l'agence de presse MLSA, rapportent que le bureau du procureur d'Istanbul a émis des mandats d'arrêt pour 62 individus, identifiant 46 d'entre eux comme « susceptibles de commettre des attentats ».
Un climat de répression
Les opérations ont mené à l'interpellation de 39 personnes non seulement à Istanbul mais également dans la ville de Kocaeli, située au nord-ouest. Les perquisitions ont touché les bureaux de médias d'opposition, tels qu'Özgür Gelecek et Yeni Demokrasi, où les forces de sécurité ont défoncé les portes, selon les informations recueillies par l'AFP.
Serhat Alan, un avocat dont la maison a été perquisitionnée, a déclaré avoir été confronté à des documents relatifs à la garde à vue des personnes arrêtées, ajoutant que les avocats ont été restreints dans leur accès à ces dossiers pendant 24 heures.
Une cible sur la gauche politique
Le principal parti pro-kurde, le DEM, a dénoncé ces arrestations comme étant partiellement dirigées contre la gauche et les mouvements socialistes. Dans un communiqué, il a souligné que de nombreux camarades avaient été placés en garde à vue, tout en qualifiant ces actions d'« interventions visant à restreindre l'espace politique démocratique », préviennent que cela risque d'intensifier les tensions sociales dans un climat déjà tendu.
Chaque année, la veille du 1er mai, un important déploiement de forces de l'ordre encercle Istanbul, notamment autour de la place Taksim, symbole des manifestations et des luttes sociales. En mai 2025, la répression avait conduit à l'arrestation de plus de 400 personnes lorsque les manifestations s'étaient déplacées vers Kadikoy, secteur de la rive asiatique.
Alors que les célébrations du 1er mai se préparent à l'échelle du pays, ces récentes arrestations soulèvent des interrogations sur la liberté d'expression et le droit de manifester en Turquie, situation que suivent de près des organisations internationales telles qu'Amnesty International et Human Rights Watch.







