Le restaurant Gigi's, fondé par le chef français Hugo Hivernat, a suscité un débat intense à New York en affichant un prix de 40 dollars (34,19 euros) pour un demi-poulet rôti. Cette situation illustre la montée effrénée du coût de la vie dans la ville, où les prix des menus ont grimpé de 43,6% en dix ans.
Hivernat, dont l’établissement n’a ouvert que récemment, fait face à des critiques concernant ce tarif jugé excessif. Une étude récente révèle que New York est l'une des villes les plus onéreuses des États-Unis, rendant les repas au restaurant souvent prohibitifs.
"Nous sommes à la merci de la crise du pouvoir d'achat", souligne Hivernat à l’AFP, ajoutant qu'il n'est pas exempt des préoccupations économiques rencontrées par ses clients. "Peut-être que certains pensent que nous vivons dans le luxe, mais nous devons faire face aux mêmes défis économiques", confie-t-il.
Des prix qui explosent sur les cartes new-yorkaises
La question des tarifs alimentaires est devenue centrale dans le débat public, renforçant les enjeux abordés par Zohran Mamdani, le nouveau maire de New York. Un rapport publié cette année révèle que les prix dans les restaurants new-yorkais ont augmenté de 43,6% au cours de la dernière décennie, tandis que la moyenne nationale se situe à 42,8%.
Hivernat explique que le prix de 40 dollars comprend le coût des ingrédients, qui représente près d'un quart du montant total, tandis que le reste est consacré à d'autres dépenses telles que le loyer, les salaires et le remboursement d’un prêt important pour l’ouverture de son établissement.
Un "indice des prix du demi-poulet" rôti
L’élu local, agacé par le prix du demi-poulet, a suscité un débat en lançant un « indice des prix du demi-poulet », qui varie de 10 dollars à des prix pouvant atteindre 78 dollars dans des restaurants chics de Manhattan.
"De nombreux établissements n’arrivent même pas à générer des bénéfices. Ils peinent à rester à flot", affirme Andrew Rigie, directeur de la New York City Hospitality Alliance. Cette hausse des prix est issue de divers facteurs comme les coûts de l'assurance, la reprise économique post-COVID-19, ainsi que l’augmentation des prix alimentaires due aux droits de douane imposés durant le mandat de Donald Trump.
"La gestion d'une petite entreprise à New York est si onéreuse que même les restaurants les plus appréciés sont contraints d'appliquer des prix élevés pour survivre", ajoute Rigie. Selon une enquête, environ 46% des restaurateurs interrogés ont affiché un chiffre d'affaires inférieur aux prévisions à l’aube de 2025, principalement en raison des coûts salariaux et du manque de clientèle.
Cette controverse est représentative d’un débat plus large sur le coût de la vie et la frustration ressentie par les New-Yorkais. "Je comprends que ce soit jugé trop cher, mais c'est la réalité actuelle. Des réformes sont essentielles pour améliorer la situation, notamment sur les prix auprès des grossistes alimentaires", conclut Hivernat.







