Alors que l'été approche, l'inquiétude grandit parmi les Français concernant d'éventuelles pénuries de carburants, tant pour les trajets routiers qu'aériens. La guerre en cours entre l'Iran et les États-Unis continue de perturber les chaînes d'approvisionnement en hydrocarbures.
Le patron de TotalEnergies, Patrick Pouyanné, a récemment averti que le monde pourrait entrer dans une "ère de pénurie énergétique", similaire à celle subie par certains pays asiatiques, si le blocage du détroit d'Ormuz persistait encore quelques mois. En effet, ce passage stratégique est crucial, avec près de 20 % de la production mondiale d'hydrocarbures transitant par cette voie. Les conséquences de ce blocus aiment déjà se faire sentir, comme l'a souligné Le Monde.
Toutefois, le président Emmanuel Macron a voulu calmer les craintes, affirmant que la situation était sous contrôle et que la France disposait de plus de trois mois de stocks pétroliers, comme l'indique la porte-parole du gouvernement, Maud Brégoon. "Les comportements de panique" aux stations-service pourraient causer plus de désagréments que la réalité elle-même, précise-t-il.
Comparativement, Roland Lescure, ministre de l'Économie, a souligné que la France avait moins de 2 millions de barils libérés de ses stocks stratégiques, contrairement aux 80 millions dégagés par le Japon. "Nous avons des approvisionnements diversifiés hors du Golfe, donc nous sommes assez bien pour les mois à venir", rassure-t-il.
Les risques d'une pénurie estivale
A l'heure actuelle, seulement 4 % des stations-service rencontrent des ruptures de carburant en France. Néanmoins, Pouyanné pointe du doigt l'été prochain, période traditionnellement marquée par une augmentation significative de la demande, à la fois en Europe et aux États-Unis. Environ 11 millions de barils par jour manquent à cause des sanctions envers l'Iran, ce qui pourrait entraîner une forte compétition pour l'accès aux ressources. France 24 mentionne également ce point crucial.
Un expert énergéticien, qui a souhaité rester anonyme, a commenté : "L'Asie fait face à des rationnements, tandis que l'Europe, pour éviter de tels scénarios, risque de surpayer pour ses approvisionnements. Les citoyens d'Europe ne conçoivent pas qu'il puisse y avoir des pénuries de carburants dans ces zones déjà développées."
À l'heure actuelle, l'Europe est exposée à des fluctuations de prix, avec un potentiel choc d'approvisionnement à mesure que les conflits internationaux s'intensifient. Janiv Shah de Rystad Energy prédit que des pénuries de diesel et de kérosène pourraient apparaître, surtout si les importations depuis le Moyen-Orient et l'Asie continuent de diminuer.
Afin de faire face à une éventuelle crise, la France a également exprimé sa disposition à libérer ses stocks stratégiques. Sur le plan européen, des mesures de surveillance de l'approvisionnement en kérosène ont été mises en place, et des efforts sont fournis pour maximiser la production des raffineries et promouvoir des alternatives énergétiques.







