Les vacances d'été des Français s'annoncent marquées par la prudence, indique une étude de l'Alliance France Tourisme publiée le 28 avril. L'augmentation des prix des carburants et l'inflation ont déjà conduit à des annulations de vols et à une hausse des tarifs aériens, impactant significativement le secteur du tourisme, déjà fragile en période de crise économique.
"Nous observons un ralentissement des départs pour l’été", souligne l'Alliance France Tourisme, qui regroupe de grandes entreprises comme Accor, Air France et la Compagnie des Alpes.
Selon cette étude, 68% des Français envisagent de partir au moins une semaine, soit une baisse de 9 points par rapport à 2025. Par ailleurs, seuls 37% sont sûrs de partir, contre 50% l'année précédente, ce qui traduit une accroissement de l'incertitude.
71% des vacanciers français choisissent l'Hexagone
La montée des tensions internationales et la hausse des coûts des transports, surtout due au prix du carburant, influencent les choix de destination des Français. 71% d'entre eux optent pour des vacances en France, en hausse de 3 points par rapport à 2025. Seules 23% choisissent des destinations européennes et 9% des lieux plus lointains.
Cette année, alors que la France célèbre les 90 ans des congés payés, les inégalités persistent : 84% des catégories aisées envisagent de partir, contre seulement 58% des catégories modestes.
"La situation budgétaire s'est nettement durcie en 2026", avertit l'Alliance, qui note une diminution du budget moyen à 1.530 euros, soit une chute d'environ 150 euros par rapport à l'an dernier.
Hébergement gratuit et camping en hausse
D'un point de vue plus détaillé, 35% des Français prévoient de débourser moins de 1.000 euros pour leurs vacances, contre 31% l'année précédente. Parallèlement, 38% estiment leur budget entre 1.000 et 2.000 euros, tandis que les dépenses plus élevées chutent : 11% envisagent de dépasser 3.000 euros, un déclin par rapport à 15% en 2025.
Pour s’adapter, plus de la moitié des Français prévoient de réduire leurs frais, que ce soit en diminuant la durée ou la fréquence de leurs séjours (61%), en limitant les dépenses sur place (60%) ou en recherchant des offres moins onéreuses (47%). En conséquence, 86% des Français recourent à leur épargne pour financer leurs vacances. Ce phénomène se reflète aussi dans le choix d'hébergement, avec une augmentation de l'hébergement gratuit de 22% à 32% pour les courts séjours, et de 20% à 31% pour les longs séjours. Le camping, une option de plus en plus populaire, a vu sa part augmenter de 17% à 27%.
Cette évolution soulève des questions sur la nécessité de repenser les stratégies touristiques en France, pour garantir l'accès aux vacances pour tous. Dominique Marcel, président de l'Alliance, appelle à une politique à la fois ambitieuse et inclusive pour soutenir cette industrie cruciale pour l'économie française.







