Dans un rapport publié ce lundi 27 avril, la Cour des comptes met en lumière un problème majeur : le coût des erreurs médicales à l’hôpital pourrait atteindre les 11 milliards d’euros, une somme inquiétante pour un système de santé déjà sous tension.
Chaque année, dans environ 2 965 établissements de soins en France (incluant 1 330 hôpitaux publics, 978 privés et 657 privés à but non lucratif), 13 millions de patients sont pris en charge. Pourtant, malgré l’obligation légale de déclaration des accidents médicaux depuis 2004, la situation reste alarmante : de nombreux incidents graves ne sont toujours pas signalés aux Agences régionales de santé (ARS). Ce silence préjudiciable exacerbe les coûts et les enjeux liés à la sécurité des soins.
Le rapport de la Cour souligne que les maladies nosocomiales, notamment les infections contractées lors d’hospitalisations, représentent une part significative de ce coût. On estime qu’environ 4 000 décès annuels pourraient découler de ces infections, entraînant des frais supplémentaires allant de 2,2 à 5,2 milliards d’euros, selon les grandes lignes de l'étude parue dans L'Humanité.
Des accidents graves méconnus et sous-évalués
L’une des préoccupations majeures évoquées par la Cour est le manque de reporting sur les accidents graves. Seules 7 100 occurrences ont été rapportées en 2024, alors qu'une étude suggère qu'entre 160 000 et 375 000 cas pourraient se produire chaque année, soit un sous-dimensionnement considérable. Selon des experts, cette situation est inacceptable et nécessite des actions urgentes, y compris des sanctions pour les établissements qui ne respectent pas les obligations de déclaration.
Face à ces enjeux, les magistrats plaident pour une éducation renforcée des nouveaux médecins sur la sécurité des soins, avec une formation dédiée tout au long de leur cursus. De plus, la création d’une liste nationale de médicaments à risque pourrait encadrer leur usage à l’hôpital, visant ainsi à réduire les incidents et améliorer la prise en charge des patients.
En conclusion, la Cour des comptes nous rappelle que garantir la sécurité des soins est à la fois une nécessité éthique et un impératif économique. Le chemin vers une amélioration des pratiques hospitalières nécessitera des changements structurels et un engagement collectif pour mieux protéger les patients et le système de santé.







