Le 28 avril marque le 60e jour de coupures d'Internet en Iran, un événement sans précédent en termes d'ampleur, selon l'ONG NetBlocks. Alors que la plupart des Iraniens sont privés d'accès en ligne, il existe une 'liste blanche' permettant à certains privilégiés de rester connectés.
Depuis que les frappes israélo-américaines contre l'Iran ont débuté le 28 février, le gouvernement a intensifié ses restrictions sur l'accès à Internet. Ces mesures, qui visent à contrôler l'information et à réduire la contestation, touchent particulièrement les moteurs de recherche et les plateformes sociales internationales, rendant l'accès aux informations cruciales extrêmement délicat. NetBlocks souligne qu'une telle coupure sur cette échelle est inédite dans une société néanmoins habituée à l'interconnexion.
Les citoyens iraniens en dehors de cette 'liste blanche' se voient totalement déconnectés du monde numérique. En revanche, les membres de cette liste, qui inclut certains responsables gouvernementaux et influenceurs sélectionnés, profitent d'un accès sans entrave, leur permettant de s'exprimer librement sur les réseaux sociaux tout en coupant le reste de la population de toute forme d'échange.
Les experts en cybersécurité, interrogés par Le Monde, ont exprimé leurs inquiétudes face à cette manœuvre, soulignant qu'elle pourrait conduire à un isolement accru des Iraniens, alors même que la demande pour des connexions stables et sécurisées est plus forte qu'auparavant. "On crée ainsi un double standard où seuls quelques-uns profitent des ressources numériques", explique Aline, analyste à l'Observatoire des Réseaux.
En définitive, la situation en Iran soulève des interrogations inquiétantes sur la liberté d'expression et l'accès à l'information, alors que le reste du pays semble sous l'emprise d'un blackout numérique continu, qui pourrait se prolonger au-delà des limites actuelles.







