Les transporteurs aériens à bas coût tels que Ryanair, Transavia et Volotea sont particulièrement vulnérables à l'augmentation fulgurante du coût du kérosène. Plusieurs d'entre eux ont déjà annoncé des réductions de leur programme de vols pour les mois à venir, avec des influenceurs du voyage conseillant aux clients de réserver rapidement, craignant des hausses de tarif à venir.
Michael O'Leary, le président de Ryanair, a exprimé ses préoccupations concernant le climat incertain qui pousse certains voyageurs à retarder leurs réservations : "Nous pensons que les gens se retiennent de prendre leurs réservations", confiait-il à des journalistes. La compagnie a décidé de réduire de moitié son programme depuis Berlin et de 10% ses vols depuis Dublin cet été, malgré une demande rurale initiale due à l'assouplissement des mesures sanitaires.
D'après l'analyste Dudley Shanley de la banque Goodbody, "ce n'est pas inhabituel pour les transporteurs d'ajuster leurs plans de vol à cette époque de l'année". Toutefois, il ajoute que si les prix du kérosène demeurent à des niveaux élevés, les compagnies low cost devront encore revoir leur stratégie.
Annulations de vols et prix élevés
Le consensus dans l'industrie est déterminé : tant que les conflits géopolitiques entravent l'importation de pétrole et de kérosène, de nombreux vols, particulièrement durant la haute saison estivale, risquent d'être annulés. Le commissaire européen à l'Énergie, Dan Jørgensen, a mis en garde le public sur les implications possibles pour les vacances d'été : "Hélas, il est probable que les vacances de beaucoup de gens seront touchées, soit par des annulations, soit par des prix exorbitants".
Les transporteurs ajustent leur capacité de manière plus ou moins rapide, selon qu'ils ont sécurisé des contrats de couverture. Les compagnies européennes, comme le note l'analyste, sont généralement mieux protégées que leurs homologues ailleurs dans le monde.
Récemment, la compagnie canadienne Air Transat a annoncé une réduction de 6% de son programme pour la période de mai à octobre. De même, Wizz Air a souligné qu'ils ne souhaitaient pas faire d'ajustements trop agressifs en anticipant que les autres transporteurs prendraient des mesures similaires. "Pas besoin de courir plus vite que l'ours, mais il faut aller plus vite que le type à côté", a plaisanté son directeur général, Jozsef Varadi.
Du côté de Lufthansa, des mesures draconiennes ont été mises en place avec l'arrêt de 20 000 vols d'ici fin octobre, ce qui témoigne de la gravité de la situation. En revanche, Air France-KLM a limité ses annulations à seulement 2% de son programme.
Une étude de France Tourisme a révélé que les vacances d'été des Français s'annoncent très différentes par rapport aux années antérieures, avec une forte baisse des départs. En effet, seul 37% des Français sont certains de partir en vacances cet été, contre 50% l'an dernier, mettant en lumière une montée de l'incertitude économique.







