Les États-Unis et la hausse des prix du carburant : une colère sous-jacente

Pourquoi les prix de l'essence agacent-ils les Américains malgré leur coût inférieur à l'Europe ?
Les États-Unis et la hausse des prix du carburant : une colère sous-jacente
Le prix de l'essence aux Etats-Unis est deux fois moins élevé qu'en France. - BFM Business
Malgré un prix de l’essence bien plus bas qu’en Europe, la hausse récente du carburant aux États-Unis alimente un mécontentement important des ménages, en raison de leur dépendance à la voiture et du poids économique et psychologique du carburant.

Les Américains ressentent une frustration croissante. La flambée des prix de l’essence fait de nouveau la une des journaux aux États-Unis. En mars, les prix ont dépassé les 3 dollars, atteignant désormais le seuil symbolique des 4 dollars le gallon, un niveau jamais vu depuis quatre ans. Ce constat alimente un mécontentement grandissant parmi les consommateurs, qui voient leur pouvoir d’achat sérieusement affecté.

Cette inquiétude est d’autant plus pertinente que, selon une enquête publiée par Business Insider, près de 69 % des Américains se disent très inquiets concernant le prix de l’essence. En fait, une étude réalisée par LendingTree révèle que 31 % des consommateurs ont déjà modifié leurs habitudes de dépenses en raison de cette hausse, alors que 62 % prévoient un impact majeur sur leur situation financière.

Mais au fait, que signifie cet irritant 4 dollars le gallon ? Un gallon équivaut à environ 3,8 litres. Ainsi, 4 dollars le gallon, cela équivaut à 1,06 dollar le litre, soit 86 centimes d’euro. Autrement dit, les Américains expriment leur mécontentement alors que le coût de l’essence est presque deux fois inférieur à celui pratiqué en France.

Comme l'indique le graphique ci-dessus, les prix de l’essence aux États-Unis sont parmi les plus bas au monde. Le 20 avril, le litre était vendu en moyenne à 98 centimes d’euro, tandis qu’en France et en Allemagne, il se vendait environ 2 euros, et à 1,20 euro en Chine. Bien que les Américains parcourent en moyenne 21 000 km par an, contre 12 000 km pour les Français, l’écart de prix reste considérable.

Pour un plein de 50 litres, un automobiliste français doit aujourd’hui débourser 100 euros, contre seulement 49 euros pour son homologue américain. La fiscalité joue un rôle majeur dans cette disparité. Selon S&P Energy, les taxes représentaient en mars environ 60 cents pour un gallon vendu 3,64 dollars, ce qui représente moins de 16,5 % du prix total. La taxe fédérale à elle seule est de seulement 18,40 cents le gallon, soit à peine 5 centimes d’euro par litre.

Historiquement, la fiscalité sur les carburants aux États-Unis vise à financer les infrastructures routières. Établi en 1956 par le président Eisenhower, le Highway Trust Fund alloue les taxes sur l’essence principalement à l’entretien des routes et autoroutes, adoptant le principe du "user pays". Si certaines recettes sont affectées à des projets de transport public, cela reste marginal. C'est cette approche qui explique largement la faiblesse des taxes aux États-Unis.

En revanche, l’Europe applique un système fiscal qui représente entre 50 % et 60 % du prix à la pompe. En France, ces taxes génèrent près de 50 milliards d’euros par an, une ressource essentielle pour l’État et les collectivités, comme l'expliquent des experts économiques.

La position énergétique des États-Unis, le premier producteur mondial de pétrole, renforce aussi sa capacité à amortir les crises internationales. Alors que cette position est bénéfique, elle n’explique pas tout. Des pays producteurs tels que la Norvège affichent des prix à la pompe similaires à ceux de la France.

Malgré des couts d’essence bien plus bas, le mécontentement des Américains ne s’estompe pas. Dans un pays où la dépendance à la voiture est forte, chaque hausse de prix se traduit par un impact direct sur les finances des foyers. Au-delà des considérations économiques, la perception des prix du carburant devient centrale. Ils reflètent le pouvoir d’achat et influencent le paysage politique, comme le soulignent plusieurs reportages. Des électeurs confient que leur vote pourrait être affecté par les fluctuations des prix de l’essence.

En conclusion, bien que les prix restent inférieurs à ceux de l’Europe, leur impact économique sur les ménages américains est important. Des économistes du Stanford Institute for Economic Policy Research estiment que cette hausse pourrait engendrer un coût supplémentaire de 857 dollars par an pour chaque foyer, une réalité d'autant plus marquée avec des comportements de consommation élevés.

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