Une rencontre des ministres du G7 se déroule à Paris cette semaine pour discuter de la biodiversité, des océans et de la désertification. Cependant, la question climatique, au cœur des préoccupations mondiales, est soigneusement évitée, comme l’a confirmé une source proche du ministère de la Transition écologique.
La ministre française, Monique Barbut, a rassemblé ses homologues de ce groupe de pays industrialisés tout en invitant des représentants d'autres nations, y compris celles qui accueilleront les prochaines conférences des parties (COP) sur la biodiversité et la désertification, notamment l'Arménie et la Mongolie.
Les discussions tourneront autour de cinq axes : financement de la protection de la biodiversité, préservation des océans, sécurisation des ressources en eau, liens entre désertification et sécurité, et renforcement de la résilience face aux catastrophes naturelles. Pourtant, peu de place sera laissée aux enjeux climatiques, malgré les rapports alarmants sur le réchauffement en cours, tant sur terre que dans les océans.
Gaïa Febvre, responsable des politiques internationales au Réseau Action Climat, s’est exprimée sur la gravité de cet évitement : "Un G7 au rythme des États-Unis ne peut prétendre répondre aux crises du siècle s'il fait abstraction du climat et des inégalités de genre". Elle estime que cette approche affaiblit l'action collective nécessaire face aux défis environnementaux.
La France défend sa stratégie en déclarant vouloir préserver l'unité du G7. "Nous avons choisi de privilégier des thèmes moins conflictuels", a souligné l'entourage de Monique Barbut, alors que se profile un sommet des chefs d'État en juin à Evian. Ce choix est en partie influencé par le climate skepticism de l'administration Trump, qui a marqué un recul flagrant de l’engagement climatique des États-Unis depuis 2025.
Pour illustrer le désintérêt américain, la délégation américaine sera représentée par Usha-Maria Turner, administratrice adjointe de l'Agence de protection de l'environnement, un rôle jugé secondaire par rapport aux enjeux de cette réunion.
La ministre française espère séduire ses partenaires avec une initiative baptisée "alliance pour le financement de la nature et des peuples", visant à favoriser le financement pour la protection de la biodiversité. Des discussions pourraient également déboucher sur un financement de 800 millions de dollars pour des projets dans des parcs naturels en Afrique, selon des sources proches du projet.
Jean Burkard, directeur du plaidoyer au WWF France, a commenté cet effort : "Nous nous réjouissons de voir le financement de la biodiversité inscrit à l'ordre du jour, mais il doit être additionnel et ne pas compenser les désengagements" des États.
Les rencontres auront pour but d'élaborer une déclaration politique sur la désertification et la sécurité, ainsi que d'organiser des sessions concernant la protection des océans. Une visite à Fontainebleau est également prévue pour discuter des forêts.







