Le principal fabricant mondial de préservatifs annonce une hausse potentielle de 20 à 30 % des prix, conséquence directe des troubles géopolitiques au Moyen-Orient.
Depuis l'intensification du conflit israélo-américain contre l'Iran fin février, l'impact économique ne se limite pas uniquement aux secteurs de l'énergie. Les préservatifs, essentiels à la santé publique, sont également touchés. En effet, des chaînes d'approvisionnement perturbées ont amené Karex, le leader malaisien de la production de préservatifs, à tiré la sonnette d'alarme. Le PDG, Goh Miah Kiat, a annoncé à Reuters que les clients pourraient faire face à une hausse significative des prix, compte tenu de la situation actuelle. « Nous n’avons pas d’autre choix que de répercuter les coûts sur les clients », a-t-il déclaré.
Les augmentations de coûts touchent divers éléments de la chaîne de production, allant du caoutchouc synthétique à l'huile de silicone, nécessaires pour la fabrication. « C’est clairement l’un des ajustements de prix les plus conséquents que nous ayons connus depuis longtemps », a livré le directeur de Karex. Le responsable de cette inflation est principalement la perturbation des flux pétrochimiques causée par le conflit, qui a engendré des pénuries de matières premières, indispensables à la production, comme la naphta, dont 41 % de l'approvisionnement asiatique provient de la région.
Les retards de livraison aggravent encore la situation, principalement vers l'Europe et les États-Unis, où les délais se sont allongés à près de deux mois. Goh Miah Kiat a précisé que de nombreux pays manquent déjà de stocks, tandis que d'autres, comme le Myanmar et le Cambodge, imposent des restrictions sur le carburant. Les impacts de cette crise logistique sont préoccupants, surtout avec une demande mondiale en hausse de 30 %.
En France, où plus de 115 millions de préservatifs masculins ont été vendus en 2024, le marché pourrait également souffrir. Bien que Karex dispose de stocks suffisants pour quelques mois, une évaluation des besoins s'impose, car les plus vulnérables pourrait être les plus affectés par ces hausses. Par ailleurs, Reckitt Benckiser, l'entreprise britannique derrière Durex, a également averti que l'augmentation des prix des hydrocarbures pourrait engendrer une perte substantielle sur ses coûts de production.
Ce contexte économique incertain pourrait générer des défis majeurs pour l'accès à la contraception, surtout dans les pays en développement. Les analystes s'inquiètent d'une potentielle baisse de la demande des consommateurs devant des prix en constante augmentation, ce qui pourrait nuire aux avancées précédentes en matière de contrôle des finances de nombreuses entreprises.







