« Nous refusons de payer pour travailler ». C'est avec ce cri du cœur que Manuela, auxiliaire de vie dans le secteur de Libournais, a décidé de prendre les choses en mains. En lançant une pétition, elle appelle le Premier ministre à réagir face à la hausse insoutenable des prix des carburants.
Auxiliaire de vie depuis 25 ans, Manuela arpente chaque jour les routes du Grand Libournais pour rendre service à ses patients. « Dans notre métier, on ne choisit pas simplement un endroit pour travailler. On peut être amené à parcourir jusqu'à 50 kilomètres pour des interventions rémunérées au SMIC », déplore-t-elle, dénonçant ainsi une situation particulièrement difficile pour les travailleurs à domicile, souvent négligés même en temps de crises, comme durant la pandémie de Covid-19.
Pour cette professionnelle, sa voiture est bien plus qu’un simple moyen de transport : c'est un outil essentiel à son activité. Malgré l'option d'une voiture hybride, elle se demande si cela vaut encore la peine lorsque le coût de l'essence continue d'augmenter. « C'est nous qui sommes en première ligne, qui utilisons nos véhicules. En cas d'accident, c'est notre assurance qui est mise en jeu », précise-t-elle, soulignant l'injustice des rémunérations par rapport aux dépenses engagées.
Une situation insoutenable
Avec un ajustement de salaire minime — une augmentation de seulement un centime de l'heure — Manuela et ses collègues sont exaspérés par le manque de reconnaissance de leur rôle, pourtant crucial. « Pour certaines personnes, nous sommes leur seul contact avec le monde extérieur. Quand nous arrivons, ils nous disent souvent qu'on est leur rayon de soleil », confie-t-elle, un témoignage poignant du lien essentiel qu'ils tissent.
La pétition lancée par Manuela a fait couler beaucoup d'encre, recueillant plus de 50 000 signatures. C'est un cri de détresse, une bouteille à la mer dans l'espoir de bénéficier du soutien financier dont beaucoup d'autres professions ont pu prospérer. Comme le rapportent plusieurs médias français, cette initiative témoigne du besoin urgent d'écoute et de valorisation de ces travailleurs essentiels. La voix de Manuela résonne à travers la France, soutenue par un mouvement grandissant pour une équité salariale face à la montée des coûts liés à la profession.







