La France dépend fortement de l'importation de gaz, avec environ 98 % de sa consommation provenant de l'étranger. Bien que la situation en Iran ne menace pas l'approvisionnement immédiat, les récents doubles hausses des prix pèsent sur la balance commerciale, déjà déficitaire.
Selon plusieurs experts, le gouvernement français étudie la création d'une réserve stratégique de gaz depuis plusieurs mois. Des pourparlers sont en cours avec Storengy, la branche d'Engie spécialisée dans le stockage. Bien que le risque de pénurie soit faible, cette initiative pourrait permettre de mieux gérer les prix lorsque ceux-ci augmentent considérablement. Une source proche des discussions a affirmé à BFM Business :
"Cela permettrait de mieux gérer les stocks et d’utiliser cette réserve pour détendre les prix quand ils flambent."
Depuis mars, la France a déjà pris des mesures en libérant des stocks de pétrole pour tenter de stabiliser les prix, une stratégie qui pourrait être appliquée au gaz à l'avenir.
Une réserve qui pourrait représenter 10 % des stocks
Avec les tensions géopolitiques récentes, notamment en Iran, le gouvernement semble davantage enclin à envisager cette réserve stratégique, d'après des sources proches d'Engie. Toutefois, le ministère de l'Économie reste muet sur le sujet. Jusqu'à présent, la Direction Générale de l'Énergie se montrait réticente, ne percevant pas l'intérêt du financement d'un tel stockage face à un risque de pénurie considéré comme faible.
La réserve pourrait représenter environ 10 % des stocks existants, qui totalisent environ 120 TWh, sans jamais être complètement remplis. La mise en place coûterait près de 10 milliards d'euros, compte tenu des hausses récentes des prix.
Un aspect essentiel de cette réflexion est le bon timing pour constituer cette réserve, afin d'éviter des coûts trop élevés. Un porte-parole d'Engie a indiqué :
"En anticipation de crises futures, l'établissement d'une réserve stratégique de gaz serait une réponse appropriée pour prévenir des ruptures d'approvisionnement."
Un premier amendement rejeté au Sénat
Ce projet a été proposé pour la première fois à la fin janvier par Patrick Chaize, sénateur des Républicains. Bien qu'il ait été rejeté, il pourrait réapparaître dans les discussions à l'Assemblée nationale. Cet amendement stipule que les opérateurs de stockage devraient bénéficier d'une compensation pour la constitution des stocks stratégiques, similaire à ce qui se fait pour les réserves pétrolières.
Depuis près de 40 ans, les compagnies pétrolières s'organisent via la "Sagess", une société chargée de la gestion des stocks de sécurité sous l'égide des pouvoirs publics. En financant ces stocks, les opérateurs contribuent à maintenir une sécurité d'approvisionnement, ce qui pourrait également être envisagé pour les gaz.







