Après l'annonce d'un gel temporaire de l'indexation des pensions, les dernières statistiques de la Cnav mettent en lumière un phénomène longuement observé : sur vingt ans, les pensions du régime général ont perdu du pouvoir d'achat par rapport à l'évolution des prix.
Les chiffres qui confirment un décrochage
La Cnav indique que, de fin 2003 à fin 2023, les pensions ont été revalorisées de 29,8% tandis que l'inflation cumulée a atteint 39%. Si les revalorisations de 2022 et 2024 ont été conséquentes, elles n'effacent pas l'écart accumulé sur deux décennies. Cette sous-indexation — qu'elle prenne la forme d'un décalage, d'une révision inférieure à l'inflation, ou d'une absence temporaire d'indexation — explique en grande partie la perte relative de revenus des retraités.
Les mécanismes et les choix politiques
L'indexation des pensions sur l'inflation repose sur des règles techniques (indice des prix à la consommation, calendrier annuel) mais son application dépend aussi de décisions budgétaires. Dans un contexte de déficit public, des gouvernements ont parfois envisagé ou appliqué des aménagements pour contenir la dépense. Certaines mesures récentes — annoncées ou repoussées — montrent que la question reste au coeur des débats politiques et budgétaires, notamment à l'approche des lois de finances et de financement de la sécurité sociale qui doivent être votées avant la fin de l'année.
Conséquences et pistes évoquées
Le décalage entre inflation et revalorisations a des effets concrets sur le quotidien des retraités, particulièrement pour les plus modestes. Parmi les leviers souvent évoqués par les gouvernements ou les experts :
- le gel temporaire ou la modulation de l'indexation,
- des revalorisations ciblées sur les petites pensions ou le maintien du minimum contributif,
- des ajustements de recettes (cotisations, assiettes) ou d'autres économies budgétaires.
À l'approche des débats parlementaires, il sera important de suivre non seulement les choix techniques d'indexation mais aussi les mesures d'accompagnement destinées à préserver le pouvoir d'achat des retraités vulnérables.







