Les pucerons, plus actifs qu’on ne le croit en fin février
Contrairement à l'idée reçue, les pucerons ne disparaissent pas complètement avec l'hiver. Lorsque les hivers sont cléments, une partie des populations — œufs, adultes abrités sous l'écorce ou dans les serres — survivent et profitent du premier redoux pour se multiplier. Parallèlement, des plantes qui démarrent leur croissance plus tôt offrent des jeunes pousses riches en sève, un véritable festin pour ces insectes. Enfin, les ennemis naturels des pucerons (coccinelles, syrphes, chrysopes) sont souvent encore peu nombreux en février, laissant les colonies se développer sans frein.
Comment détecter une invasion naissante
Surveiller son jardin dès la fin de l'hiver permet d'intervenir avant une explosion des populations. Voici les signes qui doivent vous alerter :
- Feuilles qui se recroquevillent ou se déforment : signe d'aspiration de sève.
- Surface collante sur feuilles et tiges (miellat) et apparition éventuelle de fumagine (champignon noir).
- Fourmis actives sur les plantes : elles récoltent le miellat et protègent souvent les pucerons.
- Croissance ralentie ou plants visiblement affaiblis, surtout sur rosiers, fèves et arbres fruitiers.
Prévenir et agir naturellement dès maintenant
Agir tôt est la meilleure stratégie pour préserver l'équilibre du jardin. Voici des mesures simples, efficaces et respectueuses de la biodiversité :
- Inspection régulière : regardez le revers des feuilles et les bourgeons dès que les températures remontent. En cas de petites colonies, écrasez-les à la main ou coupez les parties fortement infestées.
- Attirer les auxiliaires : installez des hôtels à insectes, plantez des fleurs mellifères (achillée, souci, fenouil) et évitez les traitements chimiques qui déciment les prédateurs naturels.
- Traitements naturels : pulvérisez du savon noir dilué (environ 1 cuillère à soupe par litre d'eau) tôt le matin ou en fin de journée pour étouffer les pucerons. Le purin d'ortie renforce les plantes et agit comme répulsif ; l'infusion d'ail peut aussi limiter les attaques. Respectez toujours les dosages et testez sur quelques feuilles avant d'appliquer à grande échelle.
- Plantes-compagnonnes : semez ou disposez de la lavande, de l'ail, de l'oignon et des capucines. La lavande aide à éloigner les pucerons des rosiers, tandis que les capucines peuvent servir de plante piège.
- Surveillance et gestion : si l'infestation s'étend à plusieurs plants ou réduit fortement la vigueur des cultures, intensifiez la lutte biologique (libération ou encouragement d'auxiliaires) avant de recourir à des solutions plus radicales.
En résumé, un hiver doux peut favoriser une arrivée précoce des pucerons, mais une vigilance accrue en février et des gestes simples — observation, plantes attractives pour les auxiliaires et traitements naturels — suffisent souvent à contenir la menace. Prévenir, c'est protéger la santé et la productivité de votre jardin sans compromettre sa biodiversité.







