Le khat, connu sous le nom scientifique Catha edulis, est un arbrisseau appartenant à la famille des Célastracées. Tandis qu'il est considéré comme une substance stupéfiante et interdit en France, son utilisation dans la corne de l’Afrique remonte à des siècles.
Un trésor végétal d'Afrique orientale
Peu de gens parlent véritablement de Catha edulis; on entend surtout parler des saisies policieres et des coutumes qui entourent sa consommation en Afrique orientale. Cette plante, souvent décrite comme un petit arbre, prospère dans les zones montagneuses d'Éthiopie, du Soudan, du Yémen, du Kenya, de Somalie et de Djibouti, où elle peut atteindre une hauteur de 2,5 mètres.
Le khat se distingue par ses rameaux à l'écorce rougeâtre, ainsi que ses larges feuilles coriaces et luisantes. Ces dernières, dentées et d'un vert profond, portent de petites fleurs en grappes blanches ou jaunes, qui seront suivies de fruits brun-rouge contenant des graines ailées.
Pour être consommées, seules les feuilles fraîches, riches en principes actifs, sont utilisées. Leur conservation est cruciale car elles perdent leur effet dans un délai de 24 à 48 heures. Les feuilles contiennent des flavonoïdes, ainsi que de la cathinone, un alcaloïde psychotrope.
Usages traditionnels et effets psychotropes
Depuis le XIIIème siècle, la consommation de khat est inexorablement liée à des pratiques sociales et culturelles. Les hommes se regroupent généralement l'après-midi pour "brouter" les feuilles, échappant à la chaleur, ou lors d'événements familiaux marquants tels que des naissances, mariages ou décès.
La mastication de ces feuilles nécessite une certaine habitude, car il faut en accumuler une quantité conséquente avant d'obtenir l'effet désiré. Contrairement à d'autres drogues, l'effet stimulant se manifeste progressivement, souvent accompagné d'une intense soif, étanchée avec du thé.
Des effets similaires à ceux des amphétamines
Les jeunes feuilles, brillantes et encore claires, sont privilégiées pour la mastication. Elles offrent un coup de fouet, effaçant la fatigue et la faim, et présentent des effets stimulants similaires à ceux des amphétamines. Toutefois, après une phase d’euphorie, les utilisateurs peuvent ressentir une légère dépression, souvent accompagnée de troubles du sommeil.
Cette pratique impacte également les modes de vie, réduisant le temps de travail et mettant en péril les finances familiales, les consommateurs dépensant une partie de leurs revenus pour acquérir ces précieuses feuilles.
En France, le khat est classé parmi les substances stupéfiantes. Son usage est prohibé et puni d'amendes pouvant atteindre 3 750€ et de prison jusqu'à un an. De plus, la loi interdit l'incitation à la consommation et au trafic de cette plante, qui peut donner lieu à des amendes colossales et des peines de réclusion de 30 ans.
(crédit photo : Malcolm Manners - CC BY 2.0)







